« manége », définition dans le dictionnaire Littré

manége

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

manége

(ma-nè-j' ; on prononce ainsi, malgré l'accent aigu que met l'Académie) s. m.
  • 1Exercice qu'on fait faire au cheval pour le dresser. Cheval de manége.

    Art de dompter, de discipliner, d'instruire les chevaux.

    Toutes les connaissances relatives au cheval.

    Manége de guerre, se dit d'un galop inégal pendant lequel le cheval change aisément de main. Manége par haut, manière de dresser les sauteurs, par courbettes, par croupades, etc. qui s'appellent airs relevés.

  • 2Terrain entouré de murs et destiné à enseigner ou à pratiquer l'art de l'équitation.
  • 3 Fig. Manière de se comporter, de se prendre aux choses. Il y a bien de petites choses qu'il faut encore lui apprendre [au jeune marquis de Grignan] pour le manége de la conversation et de la société, [Sévigné, 22 déc. 1688] Que fera-t-il [le jeune marquis de Grignan] d'un carnaval à Paris et à Versailles où l'on voudra le mettre de tout ?... il est bien jeune et bien peu accoutumé à cette sorte de manége, [Sévigné, 22 janv. 1690] En votre absence, je me mêle de lui apprendre les manéges des conversations ordinaires, qu'il est important de savoir, [Sévigné, 10 déc. 1688] Comme il était question de Rome, nous fîmes conter à ce duc [de Chaulnes] en carrosse tout le manége de ses autres voyages [à Rome], [Sévigné, 31 août 1689] Enfin toute la cérémonie, toutes les révérences, tout le manége demeurant arrêté [dans une réception de chevaliers, deux des chevaliers s'étant accrochés l'un à l'autre par les ornements de leurs vêtements].... [Sévigné, 3 janv. 1689] Êtes-vous en faveur, tout manége est bon, vous ne faites point de faute, [La Bruyère, VIII] Il y a quelques rencontres dans la vie où la vérité et la simplicité sont le meilleur manége du monde, [La Bruyère, VIII]

    Il se dit aussi des moyens, des ressorts, des ruses par lesquelles on s'efforce d'arriver à son but. Il a du manége, locution de la cour, [De Caillières, 1690] Il [P. Corneille] avait l'âme fière et indépendante, nulle souplesse, nul manége ; ce qui l'a rendu très propre à peindre la vertu romaine, et très peu propre à faire sa fortune, [Fontenelle, Vie de Corn.] Genlis avait de l'esprit et du manége et n'avait d'autre protection que celle dont il avait tout reçu, [Saint-Simon, 25, 37] Quand même, à force de manége, il devrait réussir, il devrait toujours trouver trop chers des succès achetés à ce prix, [Rousseau, 2e dialogue.] Le manége des procédés est substitué aux devoirs réels, [Rousseau, Hél. 2e préf.] J'ai vu quelquefois le petit manége des jeunes femmes.... [Rousseau, Ém. I] Comme le public fait des réputations par caprice, des particuliers en usurpent par manége, [Duclos, Consid. mœurs, ch. 5] Tout cela, mon ami, manége de femme, coquetterie déguisée ; voilà comme elles sont toutes, [Genlis, Théât. d'éduc. Fausses délicat. I, 6]

  • 4Appareil servant à appliquer la force des animaux pour faire mouvoir des machines, et dans lequel d'ordinaire un axe vertical est mû par des animaux marchant en un cercle horizontal. Faire monter de l'eau par un manége.
  • 5Allure ou direction des veines du charbon de terre.
  • 6Le manége, le parti du manége, ou la société du manége, nom, sous le directoire, d'un parti formé des débris des jacobins, réunis dans une salle de manége attenante aux Tuileries.
  • 7 Terme de marine. Manière particulière de se mouvoir, de faire certaines évolutions ; art de manœuvrer.

ÉTYMOLOGIE

Ital. maneggio, de manus, main.