« bât », définition dans le dictionnaire Littré

bât

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bât

(bâ ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel l's se lie : les bâts et les ânes, dites : les bâ-z et…) s. m.
  • 1Selle grossière de forme et d'étendue variables, à l'usage des bêtes de somme. Mettez le bât sur l'âne. J'ai un cheval de bât qui porte mon lit, Sévigné, 52. Nous aperçûmes de loin deux chevaux de bât couverts de jaune, Saint-Simon, 12, 140.

    Fig. Un cheval de bât, un homme chargé, dans une maison, dans une communauté, des besognes que les autres refusent.

  • 2 Fig. Et toi, peuple animal, Porte encor le bât féodal, Béranger, Carabas.

    PROVERBE

    Chacun sait où le bât le blesse, chacun connaît ce qui dans sa position est cause d'embarras ou de souffrance. Vous savez bien où le bât me fait mal, Molière, Sgan. 21.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et se l'on porte monnoy sur bast ; la monnoy ne doit riens ; mais le bast doit quatre deniers, Liv. des mét. 447.

XVe s. Je sçai mieux où le bas m'en blesse Que vous ne un autre ne sçavez, Patelin.

XVIe s. Six jours après je la trouvay hors la porte de Montmartre, sur un cheval de bast, jambe deça, jambe de là…, Paré, XIX, 25. Ce qui vous suit de noblesse Est de ceux que le bast blesse [qui sont tarés], Sat. Mén. p. 191.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. bast ; espagn. et ital. basto ; bas-latin, bastum ; du radical qui est dans βαστάζειν, porter, βάσταξ, bête de somme, qui est aussi dans bâtir, bâton, et qui a le sens de soutenir, porter, affermir.