« oratorio », définition dans le dictionnaire Littré

oratorio

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oratorio

(o-ra-to-ri-o) s. m.
  • Drame lyrique composé sur un sujet sacré et destiné à être exécuté sans décorations ni costumes, dans un concert ou dans une solennité religieuse. La Création du monde, de Haydn, est un fort bel oratorio. Les oratorios de Händel sont justement célèbres.

    Au plur. Des oratorios.

REMARQUE

1. Il faut entendre ici par drame lyrique une suite de récits ou de discours dans lesquels on expose ce que l'on veut dire.

2. On écrivait autrefois, au pluriel, des oratorio : Rien n'est plus commun à Rome, surtout pendant le carême, que ces sortes d'oratorio, Brossard, Dict. Ces drames sont en petit ce que sont en grand, sur nos théâtres, Athalie, Esther et Jephté ; on les appelle oratorio ; et Métastase en a donné des modèles admirables, dont le plus célèbre est, avec raison, le Sacrifice d'Abraham, Marmontel, Élém. litt. Œuv. t. VI, p. 200, dans POUGENS.

3. Castil-Blaze, dans plusieurs endroits de ses ouvrages, a proposé de remplacer le mot italien oratorio par le mot français oratoire, mot que du reste J. J. Rousseau avait employé avant lui dans son Dict. de musique.

ÉTYMOLOGIE

Suivant Choron, Dict. de musique, sommaire, ce mot vient de ce que Philippe Neri, qui fonda à Rome, dans le courant du XVIe siècle, la congrégation de l'Oratoire, fit composer par d'habiles gens des intermèdes sacrés qui eurent un très grand succès et qui prirent leur nom de l'église de l'Oratoire où ils étaient exécutés. Au contraire, suivant la Revue britannique, septembre 1852, p. 57, le duc Annibal Marchesi, qui renonça au gouvernement de Salerne en 1740, et se retira dans un couvent de l'Oratoire à Naples, écrivit des drames religieux pour le théâtre particulier de ce monastère, où l'oratorio, c'est-à-dire l'opéra sacré, a pris naissance et reçu le nom qu'il porte.