« suie », définition dans le dictionnaire Littré

suie

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

suie

(suie) s. f.
  • 1Matière noire, d'une odeur désagréable, d'une saveur amère et empyreumatique, que la fumée dépose en croûtes luisantes sur les parois des conduits de cheminée. Ces honnêtes enfants Qui de Savoie arrivent tous les ans, Et dont la main légèrement essuie Ces longs canaux engorgés par la suie, Voltaire, Pauvre diable. L'air [dans la combustion] tend à convertir [par son oxygène] la substance végétale en eau et en acide carbonique ; tel serait le résultat de son action, s'il était en assez grande quantité et si la température était assez élevée ; c'est ce qui n'arrive jamais… voilà pourquoi il s'amasse de la suie dans les tuyaux, Thenard, Traité de chim. t. III, p. 46, dans POUGENS.

    Amer comme suie, très amer.

  • 2Suie d'encens, petites parties d'encens mâle, qu'on fait brûler, pour en faire du noir de fumée.
  • 3Carie, en parlant des grains.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li uns [tonneau] est dous, et l'autre amer Plus que n'est suie, ne la mer, la Rose, 10670.

XVIe s. Ce n'est mie comparaison de suie à miel, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 181.

ÉTYMOLOGIE

Vosgien, seuche ; Berry, suje ; saintong. sughe ; prov. suia, sucia, suga ; cat. sutja ; d'après Diez, de l'anglo-sax. sôtig ; angl. sooty, plein de suie. Diez en fait venir aussi le gaélique sùidh, irl. suthche, suth ; cela n'est pas complétement sûr ; et le mot celtique peut être original.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SUIE. - HIST. Ajoutez :

XIVe s. Fuligo, siue, ESCALLIER, Vocabulaire latin-français 1188 (M. Escallier remarque qu'en picard suie se dit siue).