« pan.2 », définition dans le dictionnaire Littré

pan

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

pan [2]

(pan) s. m.
  • 1 Terme de polythéisme gréco-latin. Le dieu des bergers, compagnon de Bacchus dans son expédition de l'Inde. Mais souvent dans le style [l'églogue] un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le haubois… De peur de l'écouter Pan fuit dans les roseaux, Et les nymphes d'effroi se cachent dans les eaux, Boileau, Art p. II. De chasser les Tritons de l'empire des eaux, D'ôter à Pan sa flûte, aux Parques leurs ciseaux…, Boileau, ib. III. Ô ma fille ! s'écrie-t-elle, quelle douleur tu m'as causée !… j'ai cru que Pan t'avait enlevée : le dieu dangereux est toujours errant dans les forêts ; et, quand il a dansé avec le vieux Silène, rien ne peut égaler son audace, Chateaubriand, Mart. liv. I.

    Flûte de Pan, instrument composé de morceaux de roseaux de grandeurs inégales.

  • 2Le grand Pan, personnage mythologique, dont un récit, apocryphe d'ailleurs, fait raconter la mort qui excita de longs gémissements. Prophéties : le grand Pan est mort, Pascal, Pens. XXV, 164, éd. HAVET.

    Le grand Pan, nom sous lequel les panthéistes ont désigné la nature. Le dieu qu'adore Harold est cet agent suprême, Ce Pan mystérieux, insoluble problème, Grand, borné, bon, mauvais, que ce vaste univers Révèle à ses regards sous mille aspects divers, Lamartine, Harold, x.

    Fig. Le grand Pan, surnom donné à différents personnages du XVIIe siècle, Richelieu, Saumaise, et que Mme de Sévigné appliqua à Bourdaloue. Tous ceux [prédicateurs] de cette année, quand le grand Pan ne prêche pas ; ce grand Pan c'est le grand Bourdaloue, Sévigné, 28 mars 1689.

ÉTYMOLOGIE

Lat. Pan, du grec Πᾶν, mot dont l'origine est inconnue, mais auquel on a attribué, par erreur, le même sens que πᾶν, παντὸς, d'où le grand Pan, avec l'acception panthéistique.