« adosser », définition dans le dictionnaire Littré

adosser

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adosser

(a-dô-sé) v. a.
  • 1Mettre le dos contre quelque chose. Il adossa ses hommes à une muraille.
  • 2Placer une chose contre une autre qui lui sert d'appui. Adosser son camp à un fleuve. L'architecte veut adosser la maison au coteau.
  • 3S'adosser, v. réfl. Il s'adossa contre un arbre et se défendit vaillamment. Le général voulait s'adosser à un marais impraticable.

HISTORIQUE

XIIe s. Par l'apostolie sont de lur mestier sevré ; Pur la poür del rei ont Deu tut adossé [ils ont tourné le dos à Dieu], Th. le mart. 69.

XIIIe s. Jà coars n'enterra [entrera] en paradis celestre ; Si n'est nuns si coars qui bien n'i vousist estre ; Mais tant doutent mesaize et à guerpir lor estre, Qu'il en adossent Dieu et metent à senestre, Rutebeuf, 140. Bien avez vergoigne adossée, Qui honissiez vostre espousée, Ren. 14301. Contremont vers le mur ont puié les degrés ; El haut estage vienent, qu'est el mur adossés ; à une des fenestres es-les vous [les voilà] acoutés, Ch. d'Ant. VI, 486. Or prions Dieu le glorious, Que il mete tel sens en nous, Que nous puissommes adosser Les fols delis et oublier, Unicorne et serpent.

XIVe s. Tel vie menerent longuement, et adoserent nostre Seigneur et ses commandemens ; et nostre Sire les adosa, si comme vous oirez ci après, Chr. St-Denis, III, 10. Aussi est il des gens de religion qui le monde ont adossé et guerpi, ib. IV, 6.

XVe s. Quand il vit que on l'avoit ainsi adossé, il ordonna ses besognes et se despartit de Paris tout melancolieux, Froissart, III, IV, 21. Si estoit arresté aux champs, et avoit adossé un noyer, et là se combattoit, Froissart, II, II, 61. Non pourtant elle s'apaisa, et adossa la tendeur feminine, et s'adouba de virile vertu, Louis XI, Nouv. 26.

ÉTYMOLOGIE

Ital. adossare ; de à et dos.