« enlacer », définition dans le dictionnaire Littré

enlacer

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

enlacer

(an-la-sé ; la se prononce comme dans là et non comme dans las. Le c prend une cédille devant a ou o : j'enlaçai, nous enlaçons) v. a.
  • 1Disposer en forme de lacs. Enlacer des rubans, des branches d'arbres. Elle enlaçait des fleurs à son front jeune et fier, Delille, Énéide, VII.

    Passer plusieurs choses dans un même lacet. Enlacer des papiers, des registres.

    Fig. On crut, pour mieux fonder le calme où l'on aspire, Devoir l'un avec l'autre enlacer chaque empire, Lemercier, Frédég. et Bruneh. IV, 1.

  • 2 Fig. Étreindre, prendre comme dans un lacs. Ces traîtres l'enlaceront tôt ou tard. Les circonstances m'enlacèrent, Staël, Corinne, XX, 3.
  • 3 Terme de charpentier. Percer un trou à travers les tenons et les mortaises pour les cheviller ensemble.
  • 4S'enlacer, v. réfl. Être enlacé. Les lianes s'enlacent dans les forêts vierges. Il va s'enlacer dans les piéges qu'il devrait le plus redouter, Rousseau, Hél. VI, 6. Je n'ai fait, en me débattant, que m'enlacer davantage, Rousseau, 1re promenade.

    S'enlacer l'un l'autre. Les deux lutteurs s'enlacent.

HISTORIQUE

XIIe s. Enlaciez sui en teus [telles] afaires, Qui à mun cuer ne plaisent gaires, E qui poi m'auront de mestier Là ù Deus nos vendra [viendra] jugier, Benoit de Sainte-Maure, II, 12183. Altres besuignes m'orent le quer [cœur] si enlascié, Th. le mart. 118. Les chozes ki par defors l'enlacent [l'âme], Job, p. 481.

XIIIe s. Il m'avoit pris à menacier, Et je le soi [sus] si enlacier De blanches paroles et pestre, Que j'en ai esté à bon mestre, Ren. 16280. Ainsinc delit [le plaisir] enlace et maine Les cors et la pensée humaine Par jonesce sa chamberiere, Qui de mal faire est coustumiere, la Rose, 4487. Li primerains [premier] biens qui solace [console] Ceus que li maus d'amer enlace, C'est Dous-Pensers, ib. 2656. Tu sauvas ceus qui erent enlacié par le lien du deable, Psautier, f° 121. Un pau [peu] de joie en dolour enlachie, Poésies mss. Vatican, f° 148, dans LACURNE.

XVIe s. Son caducée embrassent Deux serpents, qui s'enlacent, Se joignant par le bout, Du Bellay, J. VIII, 10, recto. Courage donc, Ronsard : la victoire te donne, Pour enlacer ton front, la plus docte couronne, Du Bellay, J. V, 32, verso.

ÉTYMOLOGIE

En 1, et lacs ; provenç. enlassar, enlaissar ; espagn. enlazar ; portug. enlaçar ; ital. inlacciare. On le trouve quelquefois écrit enlasser, enlassure, surtout chez les auteurs de blason.