« paillasse », définition dans le dictionnaire Littré

paillasse

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

paillasse [1]

(pa-lla-s', ll mouillées, et non pa-ya-s') s. f.
  • 1Amas de paille enfermée dans une toile, dont on garnit les lits. Ses réflexions sur cette mort [de l'amiral Bing] sont bien justes et bien belles ; je crois, comme vous, qu'il est fort égal de mourir sur un échafaud ou sur une paillasse, pourvu que ce soit à quatre-vingt-dix ans, Voltaire, Lett. Schomberg, 31 oct. 1769.

    Mettre sur la paillasse, mettre un moribond sur la paillasse tirée du lit ; ce qui était autrefois une habitude en signe d'humilité. Il fut mis sur la paillasse avec toute la contenance d'un mort, Sévigné, 456.

    Serviteur à la paillasse, s'est dit autrefois pour signifier qu'on quittait le service militaire où il fallait coucher sur la paillasse.

    Être de paillasse, s'est dit pour être de garde. En entrant [au Louvre], je trouvai un des gardes du corps du roi, nommé la Barre, qui était maréchal de logis des Suisses, qui était de paillasse cette nuit-là…, Bassomp. Mém. t. II, p. 94, dans LACURNE.

  • 2La toile elle-même qui contient cette paille. Cette paillasse est trop petite.

    Fig. et populairement. Crever la paillasse à quelqu'un, le tuer d'un coup d'arme tranchante dans le ventre.

  • 3Tout massif établi sur un plancher pour recevoir les eaux qu'on pourrait répandre.

    Massif sur lequel les distillateurs élèvent leurs fourneaux.

    Dans une cuisine, construction peu élevée qui sert à recevoir du charbon allumé pour faire griller les viandes et chauffer les chaudières ; le dessus d'un fourneau.

HISTORIQUE

XVIe s. Quand il entr'oyoit quelque bruit Des rats qui rongeoient ma paillasse…, Du Bellay, J. VII, 4, verso. L'aultre qu'on avoit couché, sur le point de rendre sa vie, le long du foyer sur une paillasse, Montaigne, I, 296.

ÉTYMOLOGIE

Paille ; prov. palhassa, chaume, litière ; port. palhaça ; ital. pagliaccia.