« caillette.2 », définition dans le dictionnaire Littré

caillette

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

caillette [2]

(ka-llè-t', ll mouillées, et non pas ca-yè-t') s. f.
  • Personne qui a du babil et point de consistance. Cet homme est une franche caillette. Les acteurs, qui étaient pour la plupart des caillettes de Parisiens, Francion, liv. IV, p. 142.. Canillac lui reprocha [à Brancas] la futilité de son esprit, et son incapacité d'affaires et de secrets, et qu'en un mot il n'était qu'une caillette, Saint-Simon, 447, 232. L'aîné [des fils de Larochefoucauld] était sans table, sans équipage, mais de grands biens, une cour de caillettes de Paris le soir chez sa femme, Saint-Simon, 352, 143. …Chez l'espèce femelle, Il brille encor, malgré son poil grison ; Et n'est caillette en honnête maison Qui ne se pâme à sa douce faconde ; En vérité caillettes ont raison ; C'est le pédant le plus joli du monde, Rousseau J.-B. Livr. II, ép. 6. N'allez pas croire qu'elle examine jamais avec nos caillettes de Paris et nos aristarques modernes…, Diderot, Corresp. dans LAVEAUX. Il ne peut y avoir que quelques esprits rampants et subalternes et quelques caillettes qui daignent modeler leur façon de penser sur la sienne, Montesquieu, Correspondance, 56.

HISTORIQUE

XVIe s. Jamais nous n'avons eu que du mal par ces caillettes d'Italians illec, D'Aubigné, Faen. III, 19. Et nous grands badaux, et caillettes, sots en latin et en français, de l'avoir enduré, Sat. Mén. p. 83. Ce n'est pas sans cause que les autres nations nous appellent caillettes, puis que comme pauvres cailles coiffées, et trop credules, les predicateurs et sorbonnistes, par leurs caillets [appeaux] enchanteurs, nous ont fait donner dans les retz des tyrans, ib. p. 160.

ÉTYMOLOGIE

Diminutif de caille : ne valant pas mieux qu'une caille, ou gazouillant comme une caille.

Dans le commencement du XVIe siècle, il y avait un personnage fictif, très populaire ; c'était l'innocent Caillette, sur lequel on trouve beaucoup de renseignements dans la Vie et Trespassement de Caillette, 1514 (Recueil des poésies françoises des XVe et XVIe siècles, par A. de Montaiglon et James Rothschild, t. X, 1875). Ce personnage explique fort bien l'emploi que la Satire Ménippée, d'Aubigné et d'autres font du mot caillette (voy. l'historique).