« lévrier », définition dans le dictionnaire Littré

lévrier

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lévrier

(lé-vri-é ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des lé-vri-é-z agiles) s. m.
  • 1Nom d'une espèce de chiens qui ont les jambes longues, la tête et le corps menus et allongés, et qui servent particulièrement à courir le lièvre. Vous dites… d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : c'est un bon lévrier, La Bruyère, XII. Comme les lévriers sont assez rares en France, on en tire, pour le roi, de Constantinople et des autres endroits du Levant, Buffon, Quadrup. t. I, p. 329.

    Terme de vénerie. Lévriers nobles, ceux dont la tête est petite et allongée, l'encolure longue et déliée, le râble large et bien fait. Lévriers harpés, ceux qui ont les devants et les côtés fort ovales et peu de ventre. Lévriers gigottés, ceux qui ont les gigots courts et gros et les os éloignés. Lévriers ouvrés, ceux dont le palais est marqué de grandes ondes noires.

    Ceux d'Espagne et de Portugal se nomment charnaigres, et sont d'une extrême vivacité.

    Ceux du Nord, qu'on appelle lévriers d'attache, sont si forts et si hardis, qu'ils courent le sanglier, le buffle et les animaux les plus sauvages.

    Lévrier d'Écosse, sorte de lévrier.

    Coiffé par le lévrier, se dit du lièvre que le lévrier saisit par la tête.

    Fig. Je ne pouvais douter de l'extrême mauvaise volonté pour lui [Chamillart] de Mme de Maintenon et de Mme la duchesse de Bourgogne, et il était sans cesse coiffé par de rudes lévriers, Saint-Simon, 232, 96.

    Il court comme un lévrier, se dit d'un homme qui va très vite.

  • 2 Fig. et familièrement. Gens qu'on met à la poursuite de quelqu'un. Je m'imaginai qu'il n'y avait plus rien à craindre pour moi, et que tous les lévriers de la justice s'étaient lassés de me poursuivre, Lesage, Guzm. d'Alfar. II, 4.

    On nommait autrefois les archers : lévriers du bourreau.

    Lévrier d'amour, entremetteur d'affaires galantes.

  • 3 S. m. pl. Petite constellation au-dessous de la queue de la Grande Ourse.
  • 4Ordre du Lévrier, ancien ordre militaire du duché de Bar, en Lorraine, institué en 1416, par plusieurs seigneurs, et dont la marque était la figure d'un lévrier, avec un collier au cou, sur lequel étaient ces deux mots : Tous un.

    PROVERBE

    Assaut de lévrier, défense de sanglier, fuite de loup, il faut en guerre attaquer comme le lévrier, se défendre comme le sanglier, et fuir comme le loup.

HISTORIQUE

XIIe s. Si com li cers fuit devant le levrier, Roncis. 87.

XIIIe s. Et la vieille meïsme i court come levriere, Berte, XI.

XIVe s. Les chiens levriers ne se esjoïssent pas des oudeurs des lievres par raison de telle oudeur…, Oresme, Eth. 93. On voit coucher dessus le lict du roy de France les levriers, pour ce qu'il les aime et tient chiers, Modus, f° CX.

XVe s. Froissars d'Escosse revenoit Sus un cheval qui gris estoit, Un blanc levrier menoit en lasse, Froissart, Le débat du cheval et du lévrier. Quand on ne se peut plus ayder d'un vieulx et affolé homme d'armes, on le boute hors comme un vieux levrier de quoy on n'a plus cure, Bouciq. IV, 9.

XVIe s. Comme onc mastin n'ayma levrier, onc vilain un gentilhomme, Contes d'Eutrapel, p. 189, dans LACURNE, au mot comme.

ÉTYMOLOGIE

Picard, elverier ; provenç. lebrier ; cat. llebrer ; espagn. lebrel ; portug. lebreo ; ital. levriere ; du bas-latin leporarius, sous-entendu canis : chien à lièvre, de lepus, leporis, lièvre (voy. ce mot).