« épice », définition dans le dictionnaire Littré

épice

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

épice

(é-pi-s') s. f.
  • 1Toute drogue aromatique ou piquante dont on se sert pour l'assaisonnement. Le poivre est une épice.

    Terme de cuisine. Quatre épices, mélange de girofle, de muscade, de poivre noir, de cannelle ou de gingembre en poudre.

    C'est chère épice, se dit d'une chose qui est plus chère qu'elle ne devrait être.

    C'est une fine épice, se dit d'un homme rusé.

    Pain d'épice, sorte de pain qui se fait avec de la farine de seigle, du miel et des épices, et qui est d'une couleur jaune foncé.

    De pain d'épice, c'est-à-dire de couleur de pain d'épice. Il avait les cheveux plats, un visage de pain d'épice, Rousseau, Conf. III.

    Épice blanche ou petite épice, se disait autrefois du gingembre en poudre.

  • 2 S. f. plur. Anciennement, dragées, confitures.

    Épices des juges, ainsi dites parce qu'anciennement celui qui avait gagné son procès faisait présent au juge ou au rapporteur de quelques dragées ou confitures qui ensuite furent converties en argent ; d'abord volontaires, elles étaient devenues une taxe due. Il me redemandait sans cesse ses épices ; Et j'ai tout bonnement couru dans les offices Chercher la boîte au poivre, Racine, Plaid. II, 7.

  • 3 Fig. et familièrement. Mordant du style, ou langage graveleux. Il n'épargne pas les épices.

    PROVERBE

    Dans les petits sacs sont les bonnes épices, les fines épices, se dit des personnes petites, mais spirituelles.

HISTORIQUE

XIIIe s. Gyngembre, poivre, canele et autres espesses, Alebrand, f° 63. Après laver, isnellement La dame fit donner le vin Et les espices en le [la] fin, Du Cange, species. Et mainte espice delitable Que bon mangier fait après table, la Rose, 1348.

XVe s. Assez tot après apporta-t-on vins et espices, et puis se retraist le roi en sa chambre, Froissart, I, I, 329. Exactions que l'on nomme vulgairement espices, montans à grandes et excessives sommes de deniers, Procès de Jacques Cœur, ms. p. 15, dans LACURNE.

ÉTYMOLOGIE

Génev. espice ; wallon, spéss ; provenç. et espagn. especia ; ital. spezie ; du lat. species, espèce (voy. ce mot) ; species ayant déjà en latin désigné les aromates, c'est-à-dire les espèces par excellence, et, finalement, dans les langues romanes, le sens s'en étant particularisé dans les épices. Semblablement, l'apothicaire nommant ses drogues species, non pas des drogues en général, mais des drogues particulières et spéciales, l'italien nomme l'apothicaire speziale.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉPICE. Ajoutez :
4 Arbre aux quatre épices, le ravansara aromatica, Sonner, Baillon, Dict. de botan. p. 248.