« canton », définition dans le dictionnaire Littré

canton

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

canton

(kan-ton) s. m.
  • 1Portion de pays comprise entre certaines bornes. En France, les départements sont divisés par arrondissements, les arrondissements par cantons, et les cantons par communes.
  • 2Portion de pays considérée à part du reste. Que l'homme étant revenu à soi considère ce qu'il est au prix de ce qui est ; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature, Pascal, Pensées, I, 4. C'était à la campagne, Dans un certain canton de la basse Bretagne, Appelé Quimper-Corentin, La Fontaine, Fab. VI, 18. De ce canton l'espérance et l'honneur, Voltaire, Scythes, III, 1. Suivi de ta meute… Chasseur, tu parcours le canton, Béranger, D. chasse.

    Par extension. Il y a longtemps qu'on ne vous avait vu dans nos cantons, c'est-à-dire il y a longtemps qu'on ne vous a vu chez nous, dans notre ville, dans notre village.

  • 3 Terme d'eaux et forêts. Canton de bois, portion déterminée dans une forêt en vue d'une certaine destination.
  • 4Les Cantons suisses sont les divers États qui composent le corps helvétique. On connaît moins dans leur canton Le latin que le bas-breton ; Mais ils boivent, comme il me semble, Mieux que tous les cantons ensemble, Boisrobert, liv. I, Ép 12. (allusion au dire qui accuse les Suisses d'aimer à boire).
  • 5 Terme de blason. Partie carrée de l'écu qui est un peu plus petite que les quartiers.

    Les espaces des croix et des sautoirs.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et le ban doit estre crié en quatre cantons [coins] dou champ, Ass. de Jérus. I, 168.

XIVe s. L'exposant bouta icelui Regnart contre le cornet ou canton [coin] de la porte, Du Cange, canto.

XVIe s. Il n'y avoit place, canton, carrefour ny carroy, qui ne fust garny ou d'un theatre ou d'un arc, Carloix, III, 20. Mesmes qu'on nous avoit asseuré qu'on le vouloit tuer par les rues, où nous pensions nous battre à chaque canton, Brantôme, Des couronnels français, ch. 17.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. et anc. catal. canton, coin, angle ; ital. cantone ; d'un radical cant qui se trouve dans l'ancien français cant, coin ; dans l'espagnol et le portugais canto, coin, pointe, caillou ; dans l'italien canto, coin, côté, partie ; dans l'anglais cant, pan coupé ; dans le kymri cant, rebord, cercle d'une roue ; dans le latin canthus, cercle d'une roue, qui, d'après Quintilien, est un mot africain ou espagnol ; dans le grec ϰανθὸς, coin de l'œil et cercle de roue ; dans l'allemand Kante, islandais kantz, anglo-saxon cant, rebord, bord aigu, coin. Tous ces mots paraissent tenir les uns aux autres ; et Diez en voit ainsi la filiation : le kymri, rebord ; puis l'allemand, rebord et coin ; puis les langues romanes, coin. Ces rapprochements rendent douteuse l'origine indiquée par Quintilien.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CANTON. Ajoutez :
6À Guernesey, division territoriale de la paroisse de Saint-Pierre-Port, capitale de l'île. Constitution des États de Guernesey, confirmée par ordre de Sa Majesté en conseil, en date du 13 décembre 1844, art. 7 : La paroisse de Saint-Pierre-Port sera divisée, au dire de ses propres autorités, en quatre cantons égaux, autant que possible, par rapport au nombre des contribuables et au montant de leurs contributions ; chaque canton aura une douzaine, Second report of the commissioners appointed to inquire into the state of the criminal Law in the Channel island, London, 1848, gr. in-4°, p. 117.

À Jersey, division territoriale de certaines vingtaines.

7 Nom donné à une certaine étendue de route ou de chemin, qu'un journalier dit cantonnier est chargé d'entretenir, Dict. de l'adm. franç. p. 297.