« feutre », définition dans le dictionnaire Littré

feutre

Définition dans d'autres dictionnaires :

Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

feutre

(feû-tr') s. m.
  • 1Sorte d'étoffe faite avec de la laine ou du poil, dont les filaments, par suite du foulage et des ingrédients employés, sont tellement agglutinés qu'ils forment ensemble un corps presque imperméable. C'est un chapeau de feutre ; il ne craint pas la pluie. Les mirza, appelés par Plancarpin les barons, font asseoir leurs majestés par terre sur un grand feutre, en leur disant : Si tu n'écoutes pas conseil, si tu gouvernes mal, il ne te restera pas même ce feutre sur lequel tu t'assieds, Voltaire, Lett. chin. 2.
  • 2Il se dit, par la métonymie de la matière pour la chose qui en est faite, d'un chapeau de feutre, et même, par dérision, de tout chapeau, surtout d'un vieux chapeau mal retapé. Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache, Boileau, Sat. III. Le petit Espagnol vous a diverti avec sa mine étique et son feutre à grand poil, Courier, Lett. II, 279.

    Dresser le feutre, le mettre sur une forme pour lui donner la figure d'un chapeau.

    Feutre verni, feutre pénétré d'huile siccative, et servant surtout à la confection des visières des casquettes.

  • 3Bourre dont se servent les selliers pour rembourrer une selle.
  • 4Il se dit aussi d'espèces de bottines en feutre qu'on met dans l'appartement.
  • 5Étoffes de laine sans coutures, sur lesquelles on couche les feuilles de papier au sortir du moule.
  • 6Nom donné, chez les mammifères du Nord et des Alpes, à des poils doux et plus ou moins épais qui garnissent immédiatement la peau, et que d'autres poils longs traversent. Au-dessous de ce premier long poil, il y a, comme dans les ours marins, une espèce de duvet ou de feutre qui est de couleur brune ou noire, comme l'extrémité des grands poils du corps, Buffon, Quadrup. t. XI, p. 114, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIIe s. Chapel de fautre ot li bers en son chief, Raoul de C. 279.

XIIIe s. Quiconques veut estre chapeliers de feutre à Paris, estre le puet franchement, Liv. des mét. 248. Chascuns tenoit lance sor fautre, Que li rois ne fust envaïz, Qui estoit de plusors haïz, Ren. 18674. Et il ont autres lances prises, Ses [ainsi les] ont moult tost el feltre mises, Partonopex, v. 8057.

XIVe s. Vous serés mout boins amparliers [avocat], Pour parole monstrer en court ; Vos mot sont ataignant et court ; Et se vous un fieltre [chapeau] euïssiez, Mout bien siermonner seuïssiez Ensement que cil questeur font, Jean de Condé, p. 110.

XVIe s. Il portoit un de ces grands feutres d'Espagne pour se defendre du soleil, Despériers, Contes, XXXIX.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. feutre ; catal. feltre ; espagn fieltro ; portug. et ital. feltro ; du bas-lat. filtrum, qui provient du germanique ; anc. h. allem. filz : anglo-sax. felt, avec addition d'une r, ce qui n'est pas rare après le t.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FEUTRE. Ajoutez :
7 Dans les marais salants, tapis végétal qui revêt le fond des tables, Enquête sur les sels, t. II, p. 509.