« poste.4 », définition dans le dictionnaire Littré

poste

Définition dans d'autres dictionnaires :

Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

poste [4]

(po-st') s. m.
  • 1Lieu assigné à quelqu'un pour un office quelconque. Aller à son poste. Mourir à son poste. Je défendais mon poste, il l'a soudain forcé, Corneille, Sertor. V, 5. Et que chacun enfin, d'un même esprit poussé, Garde en mourant le poste où je l'aurai placé, Racine, Athal. IV, 5. Le maréchal, repoussé [par l'empereur qui refusa son plan], se tut ; puis il retourna à son poste, en murmurant contre une prudence intempestive, à laquelle il n'était pas accoutumé, et qu'il ne savait à quoi attribuer, Ségur, Hist. de Nap. VII, 7.

    Poste d'honneur, celui qui est regardé comme le plus périlleux. La place où je t'envoie est ton poste d'honneur, Voltaire, Brutus, IV, 6.

    Être à poste fixe dans un lieu, y être à demeure, y être sédentaire.

    Être à son poste, être où le devoir exige qu'on soit. Tout est si brouillé du côté de l'Angleterre, que chacun demeure à son poste, Sévigné, 497.

    Fig. Demeurons dans le poste où le ciel nous a mis, Racine L. Relig. ch. VI.

  • 2 Terme de guerre. Tout lieu, fortifié ou non, où un corps de troupes peut tenir et être logé. Je me souviens qu'il nous ravissait, en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine [César], par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combat…, Bossuet, Louis de Bourbon. Tous les postes, vers Marchiennes, le long de la Scarpe, sont emportés l'un après l'autre avec rapidité [dans la bataille de Denain], Voltaire, Louis XIV, 23. Les Hollandais enlevèrent aux Portugais les meilleurs postes qu'ils avaient dans le continent, et les chassèrent de toutes les îles où croissent les épiceries, Raynal, Hist. phil. V, 34.

    Guerre, affaire de postes, guerre, affaire où l'on se dispute des postes. C'est pour avoir lu les détails des batailles de Crécy, de Poitiers, d'Azincourt, de Saint-Quentin, de Gravelines, etc. que le célèbre maréchal de Saxe se déterminait à chercher, autant qu'il pouvait, ce qu'il appelait des affaires de postes, Voltaire, Fragm. sur l'hist. art. XI.

    Fig. Je ne savais pas qu'une première représentation fût un jour de bataille, ni qu'il fallût prendre ses postes et avoir un mot de ralliement, Voltaire, Lett. Richelieu, 30 janv. 1774.

    Poste avancé, se dit des postes placés le plus près de l'ennemi.

  • 3Un corps de garde. Visiter les postes. La garde sortit du poste. Il faisait du tapage, on le mit au poste.

    Poste d'honneur, celui qui est établi pour garder un personnage éminent, un corps constitué, et lui rendre des honneurs.

    Poste de pompiers, de sergents de ville, etc. lieu où se tiennent des pompiers, des sergents de ville, en cas de besoin.

  • 4Les soldats placés dans un poste. Relever un poste. Doubler les postes. Nos sentinelles sont renversées sur leurs postes, les postes sur leurs bataillons, les bataillons sur la division ; et ce n'était point un coup de main, car les Russes avaient montré du canon, Ségur, Hist. de Nap. IX, 2.
  • 5Il se dit de toutes sortes d'emplois et de fonctions. Voyez d'ailleurs Galba, quel pouvoir il nous laisse, En quel poste sous lui nous a mis sa faiblesse, Corneille, Othon, II, 4. Le marquis d'Uxelles tient un grand poste à Mayence, Sévigné, 576. Il y a même des stupides, et j'ose dire des imbéciles, qui se placent en de beaux postes, La Bruyère, VI. Les postes éminents rendent les grands hommes encore plus grands, et les petits beaucoup plus petits, La Bruyère, XI. Je crois pouvoir dire d'un poste éminent et délicat, qu'on y monte plus aisément qu'on ne s'y conserve, La Bruyère, VIII.
  • 6 Terme de marine. Emplacement destiné à être occupé par un bâtiment dans un port.

    Place assignée à un bâtiment, dans une armée navale.

    Poste des aspirants, des chirurgiens, des maîtres, des malades, des blessés, emplacement destiné aux repas, réunions, couchage, pansements.

    Ancre de poste, ancre de bossoir.

    Un objet est dit être à son poste quand il est à sa place.

    Mettre une ancre à poste, la saisir fortement le long du bord en arrière des bossoirs ou ailleurs s'il y a lieu.

  • 7Nombre d'heures pendant lequel le même mineur reste au travail sans être relevé.

HISTORIQUE

XVIe s. Messire de Grimaulx, voyant que l'assault estoit prest à donner, ordonna pour la defense de la breche, sept postes, chascune de trentehommes, Jean D'Auton, Ann. de Louis XII, p. 76, dans LACURNE.

ÉTYMOLOGIE

Le poste ne diffère de la poste que par le genre. On trouve dans les anciens textes poste, qu'il faut écrire et prononcer posté, venant du latin potestatem, et que, par conséquent, il ne faut pas confondre avec poste.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

4. POSTE.
2Ajoutez :

En termes de fortification, on donne particulièrement le nom de poste militaire à un lieu fortifié d'une manière permanente, mais, en général, mal flanqué et n'ayant qu'un médiocre profil.