« dépourvoir », définition dans le dictionnaire Littré

dépourvoir

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dépourvoir

(dé-pour-voir. Bien que l'Académie dise qu'il n'est guère usité qu'au prétérit et à l'infinitif, il n'y a aucune raison pour ne pas le conjuguer à tous ses temps comme pourvoir : je dépourvois ; je dépourvoyais ; je dépourvus ; je dépourvoirai ; je dépourvoirais ; dépourvois, dépourvoyons ; que je dépourvoie, que nous dépourvoyions, que vous dépourvoyiez ; que je dépourvusse ; dépourvoyant, dépourvu) v. a.
  • 1Dégarnir de ce qui est nécessaire. Il le dépourvut de tout. Il ne faut pas dépourvoir de munitions une place de guerre.
  • 2Se dépourvoir, v. réfl. Se dégarnir, se dessaisir. Il s'est dépourvu de tout pour ses enfants.

HISTORIQUE

XIIIe s. Tost porrions avoir contrere, Se nos, issi desporveü, Estions sor eus embatu, Ren. 5771. Moult refu certes deceüs Bel acueil li desporveüs, la Rose, 15096.

XVe s. Lesdits Bourguignons cuidans prendre à despourveu les habitans vindrent à grand fureur, J. de Troyes, Chron. 1465.

XVIe s. Le Seigneur n'apparoist point aux preceptes de la loy remunerateur sinon de parfaite justice, de laquelle nous sommes tous desprouveus, Calvin, Instit. 262. … Et ne pouvant la [Vénus] frauder de sa pomme, [Pallas] La veut par vous despourvoir de tout homme, Saint-Gelais, 52. Ils prindrent port en Angleterre au depourvu d'un chacun, Yver, p. 618. Encores qu'il les ait surpris à la despourveue, Du Bellay, M. 348. Ilz allerent surprendre leurs ennemis au despourveu, de maniere qu'ilz les desfeirent, Amyot, Rom. 49. Il se tourna tout court vers la poincte droitte des ennemis, esperant la surprendre despourvue de chef qui commandast, Amyot, Sylla, 52. L'homme, sans secours estrangier, armé seulement de ses armes, et despourveu de la grace et congnoissance divine, qui est tout son honneur, sa force et le fondement de son estre, Montaigne, II, 152.

ÉTYMOLOGIE

Dé… préfixe, et pourvoir ; provenç. desprovezir.