« déboutonner », définition dans le dictionnaire Littré

déboutonner

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

déboutonner

(dé-bou-to-né) v. a.
  • 1Faire sortir les boutons hors de la boutonnière. Le petit suisse déboutonna son haut-de-chausses, Hamilton, Gramm. III. Elle s'approche, elle le déboutonne, La Fontaine, Court.
  • 2Déboutonner un fleuret, en ôter le bouton, de manière qu'il puisse servir d'épée. Se battre avec des fleurets qu'on a déboutonnés.
  • 3Se déboutonner, v. réfl. Défaire ses boutons. Le cardinal de Bouillon, en se déboutonnant, en montra un [cordon bleu] qu'il portait par-dessous, Saint-Simon, 200, 170. Ce beau seigneur, tantôt qu'on a dîné, A mangé comme un diable et s'est déboutonné, Scarron, Jodelet, III, 2.

    On le dit aussi en parlant des vêtements. Mon habit s'est déboutonné.

    Fig. Dire sans réserve ou réticence ce qu'on pense. Suivit un autre tête-à-tête où le duc se déboutonna sur tous ceux qui avaient part aux affaires, Saint-Simon, 305, 224.

HISTORIQUE

XVe s. Tout deboutonné en une simple cote et sa chemise, affublé d'un mantel, Froissart, II, II, 30.

XVIe s. Croyez qu'ils beurent à ventre deboutonné, car en ce temps-là on fermoit les ventres à boutons, Rabelais, dans le Dict. de DOCHEZ. Et cela se destachera de suite comme les derniers boutons après le premier desboutonné, D'Aubigné, Hist. III, 491. J'engagerai le duc à mettre toute confiance en la bonté du roy et à se deboutonner, Sully, dans le Dict. de DOCHEZ. Comme je ne puis souffrir d'estre desboutonné et destaché, les laboureurs de mon voisinage se sentiroient entravez de l'estre, Montaigne, I, 260.

ÉTYMOLOGIE

Dé… préfixe, et bouton.