« métamorphose », définition dans le dictionnaire Littré

métamorphose

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métamorphose

(mé-ta-mor-fô-z') s. f.
  • 1Changement d'une forme en une autre, opéré suivant les païens par les dieux. Ovide a fait un poëme intitulé les Métamorphoses. Et pense, en les voyant, voir la métamorphose, Où les centaures…, Régnier, Sat. X. Mais, à parler sans fard de tant d'apothéoses, L'effet est bien douteux de ces métamorphoses, Corneille, Poly. IV, 6. Ses souplesses [de l'amour-propre] ne se peuvent représenter ; ses transformations passent celles des métamorphoses, et ses raffinements ceux de la chimie, La Rochefoucauld, Pensées, I. Toutes les métamorphoses sont la physique de ces premiers temps : les mûres sont rouges, parce qu'elles sont teintes du sang d'un amant et d'une amante, Fontenelle, Orig. fabl. t. III, p. 284, dans POUGENS.

    Par extension, en parlant du prétendu pouvoir des sorciers. Quatre siéges boiteux, un manche de balai ; Tout sentait son sabbat et sa métamorphose, La Fontaine, Fabl. VII, 15.

  • 2En général, changement qu'éprouvent les substances par les causes naturelles. N'est-il pas bien naturel que toutes les métamorphoses dont la terre est couverte, aient fait imaginer dans l'Orient, où on a imaginé tout, que nos âmes passaient d'un corps à un autre ? Voltaire, Dict. phil. Métamorphose.
  • 3 Terme d'histoire naturelle. Changement que certains animaux (les insectes et les reptiles batraciens) subissent dans le cours de leur existence, et qui les fait passer par des états fort différents.
  • 4Changement éprouvé par une personne dans sa forme extérieure, dans son habillement. Je l'ai vu court et replet, le voilà mince et élancé, quelle métamorphose !
  • 5Changement extraordinaire dans la fortune, dans le caractère d'une personne. Trois jours peuvent suffire à faire bien des choses ; La cour en moins de temps voit cent métamorphoses, Corneille, Pulch. IV, 4. Tes coups n'ont point en moi fait de métamorphose, Et tout le changement que je trouve à la chose, C'est d'être Sosie battu, Molière, Amph. I, 2. Toutes ces honteuses métamorphoses de l'ambition et de l'intérêt, qui donneront toujours assez d'exercice à l'éloquence, Marmontel, Élém. de litt. t. VI, p. 72, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XVIe s. Pourquoy sous le nom de Dieu ne peut-on changer les substances de toutes choses, veu que sous le nom du roy on en a fait et fait-on tous les jours d'estranges metamorphoses et transsubstantiations ? D'Aubigné, Confession de Sancy, I, 10.

ÉTYMOLOGIE

Μεταμόρφωσις, de μεταμορφοῦν, transformer, de μετὰ (voy. MÉTA), et μορφὴ, forme.