« percé », définition dans le dictionnaire Littré

percé

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

percé, ée [1]

(pèr-sé, sée) part. passé de percer
  • 1À quoi a été fait un trou. Une montagne percée pour y faire passer un tunnel. Des souliers percés. Dois-je trouver mauvais qu'un méchant pourpoint noir, Qui m'a servi deux ans, soit percé par le coude ? Scarron, Sonnet.

    Cocon percé, cocon d'où le papillon est sorti. Les cocons percés ne peuvent pas être dévidés.

    Fig. et familièrement. Il est bas percé, il n'a plus guère d'argent, par comparaison avec un tonneau qui, mis en vidange pour les besoins de la vente ou du ménage, est, d'abord, percé assez haut, et qui, finalement percé bas, ne contient presque plus rien.

    Panier percé, voy. PANIER.

  • 2À quoi on a pratiqué des ouvertures. Le mur du quai est percé d'une porte…, Girard, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. V, p. 64.

    Une maison bien percée, maison dont les fenêtres sont bien placées, bien disposées.

    Une forêt bien percée, forêt traversée par de grandes et belles routes.

    En peinture, un paysage bien percé, un paysage dont les premiers plans sont disposés de manière à laisser voir les lointains.

    Terme de marine. Navire percé pour quatre-vingts canons.

    Terme de blason. Pièces percées, celles qui sont à jour et qui laissent voir l'émail dans le champ de l'écu.

  • 3Qui a reçu une blessure par une arme qui fait un trou au corps. Et peut-être tous deux, l'un par l'autre percés, Corneille, Sertor. III, 4. Le mulet, en se défendant, Se sent percé de coups, il gémit, il soupire, La Fontaine, Fabl. I, 4.

    Percé à jour, à travers qui une arme a passé de part en part.

    Fig. Comment n'êtes-vous pas percé à jour, ou brûlé, mon cher comte, d'avoir été exposé tout l'hiver à la pointe et au feu de ces regards… ? Sévigné, 31 mars 1680.

    Percé à jour, qui a des pertuis qui vont de part en part. Terres, mers, fleuves, montagnes, animaux, tout est percé à jour ; ce globe est le tonneau des Danaïdes, Voltaire, Dict. phil. Air.

    Fig. Percé à jour, dont les secrets sont pénétrés.

  • 4Au travers de qui ou de quoi la pluie a pénétré. Les feuilles furent percées dans un moment, et nos habits percés dans un autre moment, Sévigné, 78. Diogène était un jour si percé de pluie que l'eau dégouttait de tous les endroits de son manteau, Fénelon, Diogène. Nous sommes tout percés ; charmant temps pour aller en bonne fortune, Beaumarchais, Barb. de Sév. IV, 5. Figurez-vous un pauvre diable percé jusqu'aux os par douze heures de pluie, Courier, Lett. I, 97.
  • 5 Fig. Qui est blessé par quelque sentiment comme par une arme tranchante. Percé jusques au fond du cœur D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, Corneille, Cid, I, 9. Vous serez percée de douleur, Sacy, Bible, Isaïe, XVII, 11. Il n'y avait personne qui n'eût l'âme percée de voir un si bon naturel, Molière, Fourber. I, 2. Je ne puis penser à ce discours sans avoir le cœur percé et fondre en larmes, Sévigné, t. V, p. 517, éd. RÉGNIER.
  • 6Corps percé, nom donné par les graveurs à deux couleurs claires et très légères posées l'une sur l'autre dans les tableaux qu'ils se proposent de graver.
  • 7As percé, voy. AS.