« stable », définition dans le dictionnaire Littré

stable

Définition dans d'autres dictionnaires :

Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

stable

(sta-bl') adj.
  • 1Qui est dans un état, dans une situation ferme, solide. Un édifice stable.
  • 2 Terme de mécanique. Équilibre stable. Un corps est en équilibre stable lorsqu'il revient de lui-même à sa position après en avoir été légèrement dérangé.
  • 3 Terme de chimie. Permanent en combinaison. Le sulfate de mercure doux forme une combinaison stable, et n'est pas décomposé par l'eau, comme l'est le sulfate de mercure oxygéné, Berthollet, Instit. Mém. scienc. t. III, p. 231.

    Terme de métallurgie. Acier stable, acier qui conserve ses propriétés.

  • 4 Fig. Durable, permanent. Le temps qu'il fait n'est pas stable. Qu'ainsi purgé par ta présence, à tes pieds je le puisse offrir [mon cœur], Net pour t'aimer, fort pour souffrir, Stable pour la persévérance, Corneille, Imit. III, 5. Il n'y a plus de chagrin présentement [entre Mme de Montespan et le roi] ; mais tout est si peu stable, qu'avant que vous ayez cette lettre, il y aura eu et des nuages et des rayons de soleil, Sévigné, 20 oct. 1677. Dieu pourra vous montrer par d'importants bienfaits Que sa parole est stable et ne trompe jamais, Racine, Athal. I, 1. Rien n'est moins stable parmi les hommes que ces relations extérieures que le hasard produit plus souvent que la sagesse, Rousseau, Inégal. Préf. Rien de stable dans ce monde ; aujourd'hui au sommet, demain au bas de la roue, Diderot, le Neveu de Rameau.

HISTORIQUE

XIIe s. Les choses qui perissent et les estaules, Saint Bernard, p. 522.

XIIIe s. Beatitude est chose ferme et estable, Latini, Trésor, p. 263. Honestés n'est autre chose que honor estable et permanens, Latini, ib. p. 338. Ce que je diré sera estable, Psautier, f° 108.

XVe s. Ung droit Cesar en liberalité, Ung grant Caton en pure integrité, Ung Fabius en foy non defaillable, Vous tient chascun vray, constant et estable, Orléans, Rondeau de Robertet. Le roy compromettra le traisté dessus declaré es mains desdits cardinaux ambassadeurs, pour le tenir ferme et stable, J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. 80, dans LACURNE, au mot compromettre. Ce fut la premiere fois que j'euz jamais congnoissance que les choses de ce monde sont peu estables, Commines, III, 6.

XVIe s. La consultation se fait des choses qui sont et adviennent tantost d'une sorte, et tantost d'une autre, non pas de celles qui sont fermes et stables toujours en un estre immuable, Amyot, De la vertu morale, 9.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. estable, istable, stable ; espagn. estable ; portug, estavel ; ital. stabile ; du lat. stabilis, qui vient de stare, être debout ; grec, στῆναι ; allem. stehen ; angl. stand ; persan, istâden ; sanscr. sthā.