« asile », définition dans le dictionnaire Littré

asile

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

asile ou asyle [1]

(a-zi-l') s. m.
  • 1Lieu inviolable où l'on se réfugiait. Les temples païens et autrefois les églises étaient des asiles. Jadis les ambassadeurs avaient le droit d'asile.
  • 2 Par extension, tout lieu où l'on est en sûreté contre une poursuite, contre un danger. Dans le temple voisin chacun cherche un asile, Racine, Phèd. V, 6. Assez d'autres États lui prêteront asile, Corneille, Sert. II, 4. L'asile qu'il [Romulus] avait ouvert à tous venans, Bossuet, Hist. III, 7. À vos persécuteurs opposons cet asile, Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille, Racine, Iphig. V, 2. Un cerf, s'étant sauvé dans une étable à bœufs, Fut d'abord averti par eux Qu'il cherchât un meilleur asile, La Fontaine, Fabl. IV, 21. Et l'asile qu'elle avait choisi pour défendre sa liberté devint un piége innocent pour la captiver, Bossuet, Anne de Gonz.
  • 3 Fig. Protection, secours, retraite. C'est un asile ouvert que mon pouvoir suprême, Corneille, Sert. III, 2. À l'ombre de ton nom ils trouvent leur asile, Boileau, Disc. au roi. Les cloîtres ne sont pas des asiles contre vos calomnies, Pascal, Prov. 16. Le méchant qui se cherchait un asile contre la haine, Bossuet, Hist. I, 1. C'est un grand asile contre l'ennui, Sévigné, 612. Vous avez fait une action généreuse de leur donner un asile dans votre établissement, Fénelon, Tél. XII. L'assemblée des fidèles était l'asile de la vertu, Massillon, Samar. Quels asiles n'érigea-t-il point à la piété ? Massillon, Louis XI. Et la cour de Louis est l'asile des rois, Voltaire, Zaïre, II, 3. Ma vie est presque usée, et ce reste inutile Chez mon frère avec vous trouvait un sûr asile, Corneille, Rod. II, 3.
  • 4Salle d'asile ou, simplement, asile, institution charitable où l'on reçoit les enfants de deux à six ans dont les parents ne peuvent s'occuper.

SYNONYME

ASILE, REFUGE. Le refuge est un asile où l'on se réfugie, que l'on gagne par la fuite, par une course précipitée. Il y a donc dans refuge l'idée d'un péril imminent, qu'asile ne contient pas. Asile ne contient pas non plus l'idée de besoin de défense qu'indique refuge ; l'asile est ouvert à la vieillesse, à l'enfance, à la piété, etc. le refuge l'est aux exilés, aux proscrits, etc.

HISTORIQUE

XIVe s. Asile fu un lieu ou un boys en la cité de Rome privilegé ; car quiconques s'en fuioit en ce lieu, il estoit saus de quelque crisme que il eust fet, Bercheure, f° 10.

ÉTYMOLOGIE

Asylus, du grec ἄσυλος, de ἀ privatif, et σύλη, dévastation, pillage ; lieu qu'on ne pille pas.