« lascif », définition dans le dictionnaire Littré

lascif

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

lascif, ive

(la-ssif, ssi-v') adj.
  • 1Qui se plaît à bondir et à jouer (sens primitif du latin lascivus). Partout où la nature est gracieuse et belle, Où le chevreau lascif mord le cytise en fleurs, Hugo, F. d'aut. 38.
  • 2Qui est enclin aux plaisirs de l'amour avec une sorte de folâtrerie. Les Bengalois sont plus jaunes que les Mogols ; ils ont aussi des mœurs toutes différentes ; les femmes sont beaucoup moins chastes, on prétend même que de toutes les femmes de l'Inde ce sont les plus lascives, Buffon, Hist. nat. hom. t. V, p. 61.

    Se dit des choses, dans le même sens. Détournez donc ailleurs cette flamme lascive, Rotrou, Herc. mour. I, 4. Les filles d'honneur de la reine, lesquelles lui ont dit que, quand M. le duc d'Anjou [le frère de Louis XIV] les rencontrait, il voulait leur lever la cotte et usait envers elles de termes étranges et lascifs, Patin, Lettres, t. II, p. 321. Tandis que la magnificence et les plaisirs publics de cette ville superbe [Paris] y attirent de toutes parts les étrangers, que la pompe lascive des théâtres et des spectacles surpasse presque celle des siècles païens, Massillon, Panégyr. saint Louis.

HISTORIQUE

XVIe s. Caton la leut, et trouva que c'estoit une lettre amatoire et lassive de sa sœur Servilia, Amyot, Brutus, 5. Folastre et lascive concupiscence, Montaigne, I, 227. Tel aultre ou est oysif, ou est lascif, Montaigne, II, 11. Où Lyce tousjours s'est fait voir Mauvaise, inconstante et lascive, Desportes, Bergeries, VI, imitation d'Horace.

ÉTYMOLOGIE

Lat. lascivus, qui aime à jouer, qu'on rattache au sanscrit las, jouer, ou lash, désirer, jouir, prendre, qui ne sont sans doute qu'un même mot.