« insensibilité », définition dans le dictionnaire Littré

insensibilité

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insensibilité

(in-san-si-bi-li-té) s. f.
  • 1Manque de sensibilité physique. Le chloroforme, l'éther produisent l'insensibilité. J'étais dans cet état de faiblesse et d'insensibilité entre la mort et la vie, Voltaire, Candide, X.
  • 2Manque de sensibilité morale. Les grands dont la bonté n'est pas le partage, par une juste punition de leur dédaigneuse insensibilité, demeureront privés éternellement du plus grand bien de la vie humaine, c'est-à-dire des douceurs de la société, Bossuet, Louis de Bourbon. Vous [pêcheurs] implorerez en vain ma miséricorde, poussée à bout par vos ingratitudes ; votre insensibilité fait la mienne, Bossuet, Élévat. sur myst. I, 9. Vous m'avez arrachée de ces sociétés de plaisir et de débauche, où je courais avec tant d'insensibilité à ma perte éternelle, Massillon, Paraphr. ps. XXVII, V. 3. Mais vous, n'affectez pas l'insensibilité, Chénier M. J. Fénel. IV, 3.

    Particulièrement. Refus d'écouter l'amour. Il [votre mérite] est grand, mais bien moins que la félicité De votre insensibilité, Corneille, Agésil. IV, 5.

HISTORIQUE

XIVe s. L'insensibleté du liement [ligament], H. de Mondeville, f° 21, verso. L'utilité de l'insensibilité [du ligament] fu que il ne fust blecié par multiplication de mouvement des jointures, H. de Mondeville, f° 9. Et telle insensibilité n'est pas humaine, Oresme, Eth. 97.

XVIe s. La nature, m'ayant desarmé de force, m'a armé d'insensibilité et d'une apprehension reglée ou mousse, Montaigne, IV, 4.

ÉTYMOLOGIE

Espagn. insensibilidad ; ital. insensibilità ; du lat. insensibilitatem (QUICHERAT, Addenda), de insensibilis, insensible.