« magicien », définition dans le dictionnaire Littré

magicien

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magicien, enne

(ma-ji-si-in, si-è-n') s. m. et f.
  • 1Celui, celle qui pratique l'art prétendu de la magie. La magicienne vint à lui dans le grand trouble où il était, et elle lui dit ; vous voyez que votre servante vous a obéi, Sacy, Bible, Rois, I, XXVIII, 21. C'était l'ancienne opinion des Égyptiens, qui, étonnés des merveilles que Dieu avait opérées en leur pays par ce grand homme [Moïse], l'avaient mis au nombre des principaux magiciens, Bossuet, Hist. II, 12. Encore aujourd'hui les paysans d'auprès d'Orléans ne peuvent pas prendre une autre idée d'un homme qu'ils voient observer le ciel, sinon que c'est un magicien, Fontenelle, Louville. On dit que tu étais magicien, que tu avais une biche qui venait dans ton camp te dire tous les desseins de tes ennemis, Fénelon, Dial. des morts anc. Dial. 44 (Sertorius, Mercure). Silvestre II, Gerbert, ce savant du dixième siècle, qui passa pour magicien, Voltaire, Mœurs, 39. On nous avait dit que nous trouverions beaucoup de magiciennes en Thessalie, et surtout dans cette ville ; nous y vîmes en effet plusieurs femmes du peuple, qui pouvaient, à ce qu'on disait, arrêter le soleil, attirer la lune sur la terre, exciter ou calmer les tempêtes, rappeler les morts à la vie, ou précipiter les vivants dans le tombeau, Barthélemy, Anach. ch. 35.

    Fig. Alors [au XVIIIe siècle] les lumières se sont changées en incendie, et la philosophie, magicienne irritée, a consumé le palais où elle avait étalé ses prodiges, Staël, Allem. III, 3.

  • 2 Fig. Celui qui dans un art a le talent de produire beaucoup de surprise ou de plaisir. Ce poëte est un grand magicien.

    Adjectivement, en ce sens. Quelque fée …Des feux de l'aube boréale Fit une palette idéale Pour ton pinceau magicien, Hugo, Odes, V, 22.

HISTORIQUE

XVIe s. Telles aultres singeries [médicales] qui ont plus le visage d'un enchantement magicien que de science solide, Montaigne, III, 213.

ÉTYMOLOGIE

Dérivé de magicus, magique.