« natif », définition dans le dictionnaire Littré

natif

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

natif, ive

(na-tif, ti-v') adj.
  • 1Qui naît, qui reçoit la naissance, par rapport au lieu où cette naissance est reçue. Natif de Paris.

    S. m. Nom donné aux habitants originaires d'un pays. La bile du natif de Saint-Malo en fut encore plus exaltée…, Voltaire, Facéties, Diatr. doct. Akakia. La bourgeoisie de Genève représente exactement le patriciat vénitien ; nos natifs et habitants représentent les citadins et le peuple de Venise ; nos paysans représentent les sujets de Terre-ferme, Rousseau, Contr IV, 3.

  • 2Se dit des métaux qu'on trouve dans le sein de la terre à l'état de pureté, ou à peu près. Or natif. Fer natif.
  • 3Apporté en naissant. Qualité native. Ses yeux, que le feu du sentiment n'anime point encore, ont au moins toute leur sérénité native, Rousseau, Ém. II.

    État natif de l'homme, l'homme à l'état sauvage.

    Originel. Tout ouvrage étranger perd infiniment de sa couleur native dans une traduction française, avec quelque précision et quelque énergie qu'on en puisse rendre les idées, les images et les sentiments, Mercier, dans LAVEAUX.

  • 4 Fig. Qui appartient d'origine à un objet. Sirius luit à nos yeux par sa lumière native ; il ne tient rien du soleil, et, s'il se manifeste à nous, c'est par sa propre puissance, Bailly, Hist. astron. mod. t. II, p. 684.
  • 5 Populairement. Né natif, synonyme de natif.

    Né natif est une locution pléonastique, qui est restée, comme du temps de Bouhours, commune et basse, excepté dans la poésie badine, où elle s'emploie quelquefois. Je suis né natif de Ferrare, Beaumarchais, Tarare.

SYNONYME

NATIF, NÉ. Natif suppose le domicile fixe des parents, au lieu que né suppose seulement la naissance. Celui qui naît dans un endroit par accident, est né dans cet endroit ; celui qui y naît parce que son père et sa mère y ont leur séjour, en est natif, LAVEAUX.

HISTORIQUE

XIe s. Les naïfs [serfs natifs] qui departent de lur terre, Lois de Guill. 33.

XIIIe s. [Énée] fuitis du biau païs De Troie, dont il fu naïs, la Rose, 13384.

XVe s. En la ville de Valenciennes dont je suis natif, Froissart, II, III, 12. Regrettant la doulceur nayve du naturel pays, qui tousjours demeure emprainte ou courage, Chartier, Espér. ou consolation des trois vertus. Il fut natif en tant mauvaise constellation, que toute chevalerie deffaudra en son temps, Perceforest, t. IV, f° 66.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. natiu, nadiu ; esp. et ital. nativo : du lat. nativus, de natus, né. Naïf est la forme ancienne de natif.