« réformateur », définition dans le dictionnaire Littré

réformateur

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

réformateur, trice

(ré-for-ma-teur, tri-s') s. m. et f.
  • 1Celui, celle qui réforme. Pour ce qui touche les mœurs, chacun abonde si fort en son sens, qu'il se pourrait trouver autant de réformateurs que de têtes, Descartes, Méth. VI, 2. Ce rigoureux censeur des grands canons [Molière], ce grave réformateur des mines et des expressions de nos précieuses, Bossuet, Comédie, 5. Dans l'intempérance de leur repos, ils se mêlent de faire les réformateurs, Fléchier, Vie de Commendon, II, 3. Tout abus qu'on veut réformer est le patrimoine de ceux qui ont plus de crédit que les réformateurs, Voltaire, Dict. phil. Charité. Arnaud de Brescia, pour prix de ses sermons, fut brûlé à Rome sous Adrien IV ; destinée ordinaire des réformateurs qui ont plus d'indiscrétion que de puissance, Voltaire, Mœurs, 47. D'abord, de l'univers réformateur discret, Il semait ses écrits à l'ombre du secret, Gilbert, Le XVIIIe siècle. Il ne faut point oublier cet homme [Thomasius] parmi les réformateurs de la philosophie et les fondateurs de l'éclectisme renouvelé, Diderot, Opin. des anc. philos. Thomasius.

    S'ériger en réformateur, faire le réformateur, avoir la prétention de réformer les autres.

    Absolument. Les prétendus réformateurs, ou, simplement, les réformateurs, les chefs de la religion réformée. On a vu Henri VIII son premier réformateur [de l'Angleterre] ; l'ambitieux duc de Sommerset fut le second, Bossuet, Var. VII, 97.

  • 2 Adj. Qui opère une réforme. Cette science [la botanique], devenue immense dans ses détails, avait besoin qu'une main réformatrice vînt y produire une de ces grandes révolutions, Condorcet, Linné.

HISTORIQUE

XVe s. Reformateur general sur le fait des abus d'amours, Aresta amorum, p. 158, dans LACURNE.

XVIe s. En somme il estima que le but principal d'un bon establisseur et reformateur de chose publique devoit estre, faire bien nourrir et bien instituer les hommes, Amyot, Lyc. 22. Opinions non vulgaires et reformatrices du monde, Montaigne, II, 147.

ÉTYMOLOGIE

Lat. reformatorem, de reformare, réformer.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RÉFORMATEUR. - HIST. Ajoutez : XIVe s. Les generaulz reformateurs ordenez de par le roi nostre sire ou [sic] province de Reims, Varin, Archives administr. de la ville de Reims, t. III, p. 527 (1383) Comme nous aions pieça ordené certains generaulz et souverains reformateurs sur le fait des eaues et forès de nostre royaume, Mandements de Charles V, 1375, Paris, 1874, p. 632.