« ruche », définition dans le dictionnaire Littré

ruche

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

ruche

(ru-ch') s. f.
  • 1Demeure où les abeilles vivent et font le miel. Les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu'aujourd'hui, et chacune d'elles forme cet hexagone aussi exactement la première fois que la dernière, Pascal, Fragm. sur le vide. Une ruche est d'une structure sans comparaison plus ingénieuse que la cabane d'un Huron, Fontenelle, Sur la poés. en génér. Œuvr. t. VIII, p. 318. Quel abîme aux yeux du sage qu'une ruche d'abeilles ! quelle sagesse profonde se cache dans cet abîme ! Bonnet, 2e mém. abeilles.

    Particulièrement. Logement des abeilles qui reçoivent les soins de l'homme, c'est ordinairement un panier en forme de cloche.

    Ruche de verre, ruche vitrée en forme de pyramide tronquée, dans laquelle on met les abeilles pour observer leurs travaux.

  • 2Le panier et les abeilles qu'il contient. Il a tant de ruches. Une ruche est une république où chaque individu ne travaille que pour la société, Buffon, Nature des anim.

    Châtrer une ruche, voy. CHÂTRER.

    Fig. Il ne faut point fâcher une ruche, il ne faut pas s'attirer une multitude de petits ennemis.

  • 3Habitation des insectes, des vers qui vivent en société.
  • 4Ruche marine ou aquatique, éponge habitée par des animaux aquatiques.
  • 5 Terme de marine. Carcasse d'un bâtiment neuf, avant qu'il soit ponté.
  • 6 Terme de pêche. Sorte de machine pour prendre le poisson. Faisons aussi défenses de se servir de ruches, paniers et autres engins, pour prendre crevettes depuis le 1er mars jusques au dernier du mois de mai, Ordonn. août 1681.
  • 7Dans les salines de Normandie, la ruche était une mesure contenant environ cinquante livres de sel.
  • 8Bande plissée d'étoffe, de tulle ou de dentelle qui, dans la toilette des femmes, sert d'ornement à différents ajustements, tels que bonnets, collerettes, chapeaux, robes ; ainsi dite par comparaison avec la gaufre des ruches.

    Ruche chicorée, bande d'étoffe de soie, ou de laine ou de percale déchiquetée à l'emporte-pièce en forme de dents de scie ou autres, que l'on plisse à doubles ou à triples plis.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et si poet hom pestre huit rouches de tout l'hiver d'un galoun [gallon] de meel, Bibl. des Chartes, 4e série, t. II, p. 367. … Sunt essains plus grans que de mouches Qui se recueillent en lor rouches, la Rose, 8762.

XVe s. Rucques ou vaisseaulx de mouches à miel et cire, Du Cange, rusca.

XVIe s. L'on façonne les rusches de bois, de pierre, de terre cuite, de brique, d'escorce d'arbres, de paille ; on les enferme dans les murailles…, De Serres, 435. Les Portugais pressants la ville de Tamly… les habitants d'icelle porterent sur la muraille grand'quantité de ruches, de quoy ils sont riches ; et à tout du feu chasserent les abeilles si vifvement sur leurs ennemis qu'ils les meirent en route, Montaigne, II, 190.

ÉTYMOLOGIE

On fait venir ce mot du celtique : basbret. rusken, écorce et ruche ; gaélique, rusg, écorce ; cornouaillais du IXe siècle, rusc, écorce : les ruches étant faites d'écorce d'arbres. En provençal rusca veut dire écorce. D'un autre côté des gloses anciennes donnent l'anc. haut-all. rusca, panier, corbeille.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RUCHE. Ajoutez :
9Dans l'ostréiculture, nom donné à des tuiles disposées en piles pour recevoir le naissain.