« toutefois », définition dans le dictionnaire Littré

toutefois

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

toutefois

(tou-te-foî) adv.
  • Néanmoins, cependant, mais. Mais que vous étiez plus heureuse, Lorsqu'on vous voyait autrefois, Je ne veux pas dire amoureuse, La rime le veut toutefois, Voiture, à la reine Anne d'Autriche. Ce malheur toutefois sert à croître sa gloire, Corneille, Poly. I, 4. Qui est semblable à Tyr ? et toutefois elle s'est tue dans le milieu de la mer, Bossuet, Mar.-Thér. La flotte suédoise vint à sa rencontre [de l'amiral russe], commandée par le vice-amiral Erinschild ; elle était moins forte des deux tiers, toutefois elle se battit pendant trois heures, Voltaire, Charles XII, 7.

REMARQUE

Voici le tableau des positions que toutefois peut occuper dans la phrase : Toutefois il viendra. Et toutefois il y consent. Si toutefois la chose est possible. Je ne laisserai pas toutefois de le servir. Quand il est joint à quoique et autres conjonctions dont le que est inséparable, il peut se mettre après ces conjonctions. Quand il est joint à bien que, parce que et autres dont le que est séparable, il peut se mettre après les conjonctions, et ordinairement entre la conjonction et le que. Pourvu toutefois qu'il le veuille. Afin toutefois qu'il puisse le faire. À condition toutefois qu'il y consentira.

HISTORIQUE

XVe s. Combien que l'entrée soit forte, toutefois le comte de Foix la conquit une fois, Froissart, II, III, 7.

XVIe s. Robinet m'a dit comme il avoit porté par delà une nouvelle dont je ne l'ose advouer du tout ; toutes-fois les signes en sont sy apparents, que je la puis, ce me semble, esperer, Marguerite de Navarre, Lett. 71. Sa maniere d'escrire estoit sentencieuse, et toutefois familiere, Amyot, Cat. 14. Toutefois fut le pré tondu, Cotgrave

ÉTYMOLOGIE

Tout, et fois ; ital. tuttafiata. La forme ancienne était toutes voies ou, en normand, tutes veies, de tout et voie.