« embarquer », définition dans le dictionnaire Littré

embarquer

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

embarquer

(an-bar-ké) v. a.
  • 1Mettre, charger dans une barque ou dans un navire. Embarquer des marchandises, des troupes, des vivres.

    Embarquer en grenier, mettre les marchandises sans emballage dans le navire.

    Embarquer un coup de mer, un paquet de mer, et, absolument, embarquer, recevoir par-dessus le bord une forte lame. La chaloupe embarquait.

  • 2 Fig. Mettre quelqu'un dans une affaire, par une métaphore prise de l'homme qui, une fois en mer, ne peut plus quitter le navire. Il ne regardera pas tant… aux intérêts d'autrui dans lesquels on les embarque, qu'à leurs vrais et naturels intérêts, Guez de Balzac, Avis écrit. Je me trouve dans un engagement qui m'embarrasse ; je suis embarquée dans la vie sans mon consentement ; il faut que j'en sorte, cela m'assomme, et comment en sortirai-je ? Sévigné, 126. Harlay suggéra l'expédient d'embarquer le parlement [à légitimer les bâtards de Louis XIV] par l'affaire du chevalier de Longueville qui réussit si bien, Saint-Simon, 20, 236.
  • 3 V. n. Se rendre à bord d'un vaisseau. J'embarque tel jour
  • 4S'embarquer, v. réfl. Monter sur un navire pour faire un voyage. Il s'embarqua sur un paquebot. J'espère partir de Rome dans trois semaines, et, si je trouve un vaisseau, je m'embarquerai pour Marseille, Voiture, Lett. 96.

    Avec ellipse du pronom personnel. Hâtez-vous de faire embarquer ce jeune étranger, Fénelon, Tél. III.

    S'embarquer sans biscuit, se mettre en route sans provisions, et aussi faire quelque entreprise sans prendre les précautions nécessaires, commencer une affaire sans argent.

    Par extension, se mettre dans un véhicule quelconque pour aller d'un lieu à un autre. S'embarquer dans une diligence, dans un wagon.

  • 5 Fig. S'engager, commencer, entreprendre. S'embarquer dans une méchante affaire. Puisque je me suis embarqué, il faut que j'achève, Scarron, Dial. dans LE ROUX, Dict. comique. Laissez-moi la liberté de vous écrire, sans vous embarquer dans des réponses, Sévigné, 8. Pourquoi s'embarque-t-il dans de si extrêmes protestations ? Sévigné, 93. Puis, de là, s'embarquant dans la nouvelle guerre [se mettant à en parler], Boileau, Sat. III. Pourquoi, d'un faux espoir me flattant à mon âge, De nouveau m'embarquer dans de folles amours ? Chaulieu, Ép. de l'abbé C. Vous me conseilleriez de m'embarquer dans un commerce de cette nature, Hamilton, Gramm. 10. Les grands géomètres ne parvinrent à l'entendre [un livre de Newton] qu'en l'étudiant avec soin ; les médiocres ne s'y embarquèrent qu'excités par le témoignage des grands, Fontenelle, Newton. Je me garderai bien de m'embarquer dans les réflexions philosophiques, Rousseau, Orig. notes.

    S'embarquer à… Se mettre à, entreprendre de. Comme en de certains temps il fait bon s'expliquer, En d'autres il vaut mieux ne s'y point embarquer, Corneille, Othon, II, 3. Il s'embarquait à payer cent mille francs, Sévigné, 83. Je ne veux point m'embarquer à vous dire, Sévigné, 110. Voilà une belle chose que de m'être embarquée à vous conter ce que vous savez déjà, Sévigné, 211.

HISTORIQUE

XVIe s. Il embarqua dedans les esquifz de ses galeres les meilleurs combattans, Amyot, Arist. 23. … Ains s'embarqua il, et se mit à la voile la droitte routte de l'Affrique, Amyot, Cat. 8.

ÉTYMOLOGIE

En 1, et barque ; provenç. et espagn. embarcar ; ital. imbarcare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

EMBARQUER.
1Ajoutez :

Embarquer se dit non-seulement du navire dans lequel les vagues entrent, mais aussi de la vague qui entre dans le navire. L'eau embarquait dans les plus grands navires et venait presque sur la promenade, Extr. du Phare de la Loire, dans Journ. offic. du 13 janv. 1877, p. 318, 1re col.