« examiner », définition dans le dictionnaire Littré

examiner

Définition dans d'autres dictionnaires :

Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

examiner

(è-gza-mi-né) v. a.
  • 1Considérer avec attention et pour se rendre compte. Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie, Examine en secret sa joie et ses douleurs, Corneille, Pomp. III, 1. Allons examiner pour ce coup généreux Les moyens les plus prompts et les moins dangereux, Corneille, Héracl. I, 5. Et sans examiner par quel destin jaloux La grandeur du courage est si mal avec vous, Corneille, Nicom. III, 2. Sa rigueur importune examine et publie Où manque le devoir d'autrui, Corneille, Imit. II, 3. Examine leurs yeux, observe leurs discours, Racine, Brit. I, 4. Je n'examine point si j'y pourrai survivre, Racine, Bérén. II, 2.

    Examiner, se dit des différentes commissions pour le théâtre, le colportage, les autorisations de livres, etc.

    Absolument. On doute, on examine, et je reviens confus Demander à vos pieds vos ordres absolus, Voltaire, Orphel. II, 7.

  • 2Regarder attentivement. Plus j'examine cette personne, plus je crois la reconnaître. On ne la contemplait point, on l'examinait, Genlis, Mlle de Clermont, p. 167, dans POUGENS.
  • 3Faire subir un examen. Examiner un élève.
  • 4S'examiner, v. réfl. Examiner sa conscience, ses propres actions. Plus je rentre en moi-même et plus je m'examine, Moins j'y puis de mon mal rencontrer l'origine, Rotrou, Bélis. v. 1. Quand un homme s'examine, quelle satisfaction pour lui de trouver qu'il a le cœur juste ! Montesquieu, Lett. pers. 83.

    Se regarder l'un l'autre. Ils s'examinent quelque temps, et enfin se reconnaissent.

HISTORIQUE

XIIIe s. Bien le sauras par toi meïsmes ; Il convient que tu t'essaïmes, la Rose, 2560. Toutes les fois que tesmong sont examiné et on lor a fete aucune demande, de le [la] quele il ne sont pas bien avisé…, Beaumanoir, IX, 13.

XVe s. Moult fut fort et bien examiné, au tranchant des espées, ce noble tournoy, Perceforest, t. IV, 51.

XVIe s. Nostre foy n'est pas moins esprouvée par tribulation, que l'or est examiné en la fournaise, Calvin, Instit. 551. Les chevaliers passoient par devant eulx [les censeurs] pour estre examinez et visitez à la monstre, Amyot, Pomp. 32. Il me donna un meschant pourpoint tout deschiré et deschiqueté d'usure et un collet de cuir bien examiné [usé] et un meschant chappeau, Paré, III, p. 711.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. et espagn. examinar ; ital. esaminare ; du lat. examinare, de examen, examen.