« intestin », définition dans le dictionnaire Littré

intestin

Définition dans d'autres dictionnaires :

Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

intestin, ine [1]

(in-tè-stin, sti-n') adj.
  • 1Qui est dans l'intérieur du corps ou d'un corps. Chaleurs intestines. La chaleur n'est pas produite par un mouvement intestin et circulaire des parties, Voltaire, Feu, I, art. 1er. Divers faits prouvent le mouvement intestin des liquides, par exemple l'évaporation, la dissolution…, Bonnet, Contemplation, III, 3. Vous connaissez ce mouvement intestin si remarquable que l'abbé Conti a découvert dans l'intérieur des vaisseaux de la chara et de quelques autres plantes, soit aquatiques, soit terrestres, et que l'abbé Fontana a aussi observé, Bonnet, Lett. div. Œuv. t. XII, p. 488, dans POUGENS.

    Terme de botanique. Parasites intestins, cryptogames qui se développent sous l'épiderme des végétaux vivants, et se font jour au dehors en le brisant.

  • 2 Fig. Qui est dans l'intérieur du corps social, d'un État. Il n'y eut jamais plus de maux intestins, Guez de Balzac, liv. VII, lett. 50. Reine, tout est paisible, et la ville calmée… N'a plus à redouter le divorce intestin Du soldat insolent et du peuple mutin, Corneille, Pomp. IV, 3. Il dompta les mutins, reste pâle et sanglant Des flammes, de la faim, des fureurs intestines, Racine, Bérén. I, 4. Quelle guerre intestine avons-nous allumée ? Racine, Esth. III, 4. Les scandales et les troubles intestins affligèrent Rome et son Église, Voltaire, Mœurs, 35. Étouffer des méchants les fureurs intestines, Et de la liberté réparer les ruines, Voltaire, Mort de Cés. III, 7. Le règne d'Alexis fut troublé par des séditions sanglantes, par des guerres intestines et étrangères, Voltaire, Russie, I, 3.
  • 3 Fig. Qui se passe dans l'intérieur de l'âme. Aidez-nous encore plus à éteindre le feu de nos passions et cette guerre intestine qu'elles excitent au fond de notre cœur, Bourdaloue, Dév. à la Vierge, Myst. t. II, p. 395. Le philosophe renonce… pour s'occuper, dans le silence et l'obscurité de la retraite, des dissensions intestines de sa raison avec ses penchants, Diderot, Claude et Nér. I, 13. Si une impulsion intestine réveille alors quelques idées étrangères, l'âme ne se livre point à cette idée, Bonnet, Ess. analyt. âme, ch. 23.

HISTORIQUE

XIVe s. La intestine et privée sedicion, Bercheure, f° 39, recto.

XVIe s. Une inclination [l'amour de la gloire] si intestine, que vous avez peu que tenir à l'encontre, Montaigne, I, 321.

ÉTYMOLOGIE

Lat. intestinus, dérivé de intus, en dedans, avec affaiblissement de l'u en e, et le suffixe tinus.