« propriétaire », définition dans le dictionnaire Littré

propriétaire

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

propriétaire

(pro-pri-é-tê-r') s. m.
  • 1Celui, celle qui a une propriété. Le propriétaire n'est lui-même que le premier des salariés ; ce que nous appelons vulgairement sa propriété, n'est autre chose que le prix que lui paye la société pour les distributions qu'il est chargé de faire aux autres individus par ses consommations et ses dépenses ; les propriétaires sont les agents, les économes du corps social, Mirabeau, Collection, t. II, p. 12. Faire proriétaire, sans dépouiller personne, l'homme qui n'est que mercenaire ; donner la terre au laboureur, c'est le plus grand bien qui se puisse faire en France depuis qu'il n'y a plus de serfs à affranchir, Courier, Lett. v. On le sait : nouveau propriétaire, nouveau travail, nouveaux essais, Courier, ib. Il est propriétaire ; aussi n'a-t-il voté Qu'avec un saint amour de la propriété, Delavigne, La Popularité, I, 3.

    Grand propriétaire, celui qui possède des biens-fonds très étendus. Les grands propriétaires régiront leurs terres par eux-mêmes, ou ils les donneront à régir, Condillac, Comm. gouv. I, 11. Gouvernant lui-même ses terres avec une économie noble et sage, M. de Maurepas fut pour les grands propriétaires un modèle d'administration, Condorcet, Maurepas.

    Nu propriétaire, celui qui a la nue propriété. Les nus propriétaires.

  • 2Particulièrement, celui qui possède une maison et qui la loue. Danville : Et j'ai, pour me distraire, admiré mon hôtel. - Bonnard : Celui du duc d'Elmar. - Danville : C'est mon propriétaire, Delavigne, École des vieill. I, 1.
  • 3Il se dit aussi des propriétés autres que les immeubles. Le propriétaire de ces meubles, de cette bibliothèque. Ce pauvre bélître, se disant propriétaire d'un si grand secret [la pierre philosophale], devrait mourir de honte de se démentir lui-même, nous publiant sa nécessité, Naudé, Rosecroix, VI, 2.
  • 4 Adj. Terme ascétique. âme propriétaire, s'est dit, dans le style mystique, d'une personne qui n'aime pas Dieu d'un amour désintéressé, mais plutôt par l'espoir d'une récompense. L'âme attirée à quelque chose de plus deviendrait propriétaire et intéressée, Bossuet, Lett. quiét. 12.
  • 5Propre (vieilli en ce sens). Comme ils [nos ancêtres] n'ont pas fait la couronne élective en faveur d'eux-mêmes, ils ne l'ont pas voulu rendre propriétaire en faveur du roi, ni la lui commettre si absolument qu'il fût en sa puissance d'instituer un héritier, Guez de Balzac, De la cour. 7e disc.

HISTORIQUE

XIVe s. La quelle action proprietaire [spéciale d'une herbe] est impossible à estre trouvée en aultre herbe, Lanfranc, f° 110, verso. Action proprietaire si est telle, que la proprieté vient et descent par succession naturelle, Bouteiller, Somme rural, tit. XXVII, p. 160, dans LACURNE.

XVe s. Tous proprietaires [égoïstes] et qui ayment soymesmes, convoiteux, avaricieux, Intern. consol. II, 32.

XVIe s. L'homme mesme, qui s'attribue la constance pour une chose naturelle et proprietaire, Despériers, Contes, XCII. Les douairies doyvent tenir en estat les maisons et heritages… sans coupper les bois, autres que ceux qui sont en couppes ordinaires, si ce n'est pour reparer les maisons et manoirs appelés le proprietaire, Coust. gén. t. I, p. 1019.

ÉTYMOLOGIE

Génev. proprîtaire ; prov. proprietari ; espagn. propietario ; ital. proprietario ; du lat. proprietarius, propre, spécial, et aussi propriétaire, de proprietas, propriété. On a dit, au féminin, propriéteresse : Dame Anne de Montaffie, comtesse de Soissons, proprieteresse des offices de regratiers, Cour des aides, 9 juill. 1633.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PROPRIÉTAIRE. Ajoutez :
2Qui a le caractère de la propriété. Si quelque dieu voulait lui bailler la possession propriétaire du monde à cette condition de n'en rien donner, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.