« maréchal », définition dans le dictionnaire Littré

maréchal

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

maréchal

(ma-ré-chal) s. m.
  • 1Artisan qui ferre les chevaux, et qui les traite quand ils sont malades.

    On dit dans le même sens : maréchal ferrant, maréchal vétérinaire. J'étais étonné qu'avant vous les bêtes à cornes ne fussent que du ressort des bouchers, et que les chevaux n'eussent pour leurs Hippocrates que des maréchaux ferrants… vous avez seul mis fin à cet opprobre si pernicieux, Voltaire, Lett. Bourgelat, 18 mars 1775.

  • 2Titre de divers officiers qui avaient soin des chevaux et des écuries. Dans l'origine, il n'y avait que deux maréchaux, ils n'étaient que les premiers écuyers sous les connétables.

    Maréchal des écuries, celui qui était préposé aux écuries d'un prince ou d'une princesse. Je vis entrer chez moi Genson, le maréchal des écuries de la Dauphine, Marmontel, Mém. V.

  • 3Titre d'une dignité qui n'était primitivement que celle d'un officier de cavalerie.

    Maréchal de Malte, c'était la seconde dignité de l'ordre.

  • 4Maréchal des logis, sous-officier des troupes à cheval. Le grade de maréchal de logis répond à celui de sergent dans l'infanterie. Maréchal des logis chef ; ce grade répond à celui de sergent-major. Maupertuis était arrivé par les degrés de maréchal des logis des mousquetaires jusqu'à les commander en chef, Saint-Simon, I, 23.

    Maréchal des logis est aussi le titre des officiers chargés de faire préparer les logements pour la cour en voyage.

  • 5Maréchal de bataille, officier général dont les fonctions consistaient à ranger les troupes en bataille et à régler les postes.
  • 6Maréchal de camp, officier général dont le grade est immédiatement au-dessus de celui de colonel, et qui correspond à celui de général de brigade.

    Anciennement, leur office était de marcher devant les armées, pour assurer la route et régler le camp.

  • 7Maréchal de France, celui qui occupe le grade le plus élevé et dont la fonction est de commander les armées. Les maréchaux de camp de l'armée du roi étaient nommés maréchaux de France pour les distinguer des maréchaux des autres seigneurs féodaux ; ces maréchaux de France furent naturellement élevés au-dessus de tous les autres maréchaux de camp, et, après la suppression de la dignité de connétable en 1627, ils eurent le premier rang dans l'armée ; un bâton est la marque distinctive de cette dignité ; les fonctions de maréchal ne sont à vie que depuis François 1er ; auparavant elles étaient temporaires. Le maréchal de Grammont fut appelé, qui soutint les droits des maréchaux de France, Sévigné, 134. Revenons aux huit maréchaux : en 1668 on en fit trois, et ce nombre étonna tout le monde ; en voici huit qu'on vient de faire [à la mort de Turenne]… pour peu qu'on augmente la première promotion qu'on en fera, ce seront véritablement des maréchaux à la douzaine, Bussy-Rabutin, dans ID. t. IV, p. 8, éd. RÉGN. Les maréchaux précédaient le roi, devant lequel on portait un dais de brocard, Maintenon, Lett. à M. de Villarceaux, 27 août 1660. Les maréchaux de France étaient originairement les premiers écuyers du roi sous le connétable ; mais leur dignité fut militaire avant la sienne, parce qu'ils devinrent lieutenants du sénéchal de France, chef des troupes, avant que le connétable eût succédé à la place et aux fonctions du sénéchal, Duclos, Hist. Louis XI, Œuvres, t. II, p. 121, dans POUGENS. La dignité de maréchal de France n'était pas anciennement à vie, comme aujourd'hui ; il n'y en avait d'abord que deux ; il y en eut quatre sous Charles VII ; on n'en trouve que trois au plus à la fois sous les règnes suivants, jusqu'à François 1er, qui en fit cinq, Duclos, ib. p. 122. Chaque soldat a dans sa giberne le bâton de maréchal de France, Parole attribuée à Louis XVIII, pour exprimer que les hauts grades sont accessibles à tout le monde.

    Maréchaux d'empire, nom donné sous le premier empire aux maréchaux de France.

    La femme d'un maréchal de France se nomme maréchale. Madame la maréchale.

    Les maréchaux formaient autrefois un tribunal chargé de prononcer sur les affaires d'honneur. Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement, Vous mandent de venir les trouver promptement, Molière, Mis. II, 7.

    Par plaisanterie, une maréchale, une femme qui arrange une affaire d'honneur. Ses yeux et son rire [de Mme de la Boulaye] m'ont assuré qu'elle trouve cette petite affaire [la querelle de M. de Bussy et de M. de Roussillon] toute comme elle est ; cela me mit dans la disposition de lui promettre ce qu'elle me demandait, qui est d'être la maréchale de France de cette querelle, Sévigné, à Bussy, 19 août 1681.

    Prévôt des maréchaux, officier qui commandait, sous l'autorité des maréchaux, une compagnie d'archers à cheval, pour la sûreté publique, dans les provinces.

  • 8Titre de certains grands officiers en divers pays. Grand maréchal du palais. Le grand maréchal de Pologne. Maréchal de la diète. C'est un Anglais qu'on appelle milord maréchal tout court, parce qu'il était ci-devant grand maréchal d'Écosse, Voltaire, Lett. Mme Denis, 24 août 1751.
  • 9Nom qu'on donne, dans les environs de Niort, au rossignol de muraille.

HISTORIQUE

XIIIe s. Touz les chevaus que il achatent muerent avant le chief [le bout] de l'an ; car il ne les sevent tenir ne garder ; et aussi n'ont il nulz mareschaux, Marc Pol, p. 615. Là se departi Joffrois li mareschaus de Champaigne, Villehardouin, XX. Nus ne puet estre fevre à Paris, c'est à savoir marischax, que il n'achate le mestier du roi, Liv. des mét. 44. Quant la court le roi fu jostée, Moult veïssiez bele assemblée, Les mareschaux ostex [hôtels, logis] livrer, Soliers et chambres delivrer, Du Cange, marescalci. Li quens [le comte] li done de sa terre les clés ; Dorenavant sera ses avoés, Et marechaus de sa terre clamés [nommé], Aubri, p. 168, dans DU CANGE, Gloss. fr.

XIVe s. Adont sor son cheval, est li enfes montez, Devant le marissal de l'ost s'en est alés, Baud. de Seb. VIII, 211.

XVe s. Et estoient marechaux de l'ost d'Angleterre le comte de Northantonne et de Clocestre…, Froissart, I, I, 84.

XVIe s. Y a-t-il un seul gouverneur de province ou mareschal de France qui doive son avancement à un duel ? D'Aubigné, Faen. I, 9. Madame la mareschale, D'Aubigné, ib. I, 13. Chappin Vittelle, mareschal general de cette armée, D'Aubigné, Hist. I, 186. Il repaist deux heures à Chasteau-neuf, là prend son mareschal des logis l'Espine pour guide, D'Aubigné, ib. II, 188. Mareschal de camp, D'Aubigné, ib. II, 448. Eau de mareschal [eau ferrée], Paré, VI, 19. C'est avec un peu d'eau allumer plus de feu, comme faict le mareschal, Charron, Sagesse, I, 23.

ÉTYMOLOGIE

Bourg. mairichau, maréchal ferrant ; picard, marichau, maricha, marissau ; Berry, maréchau, malichaud ; wallon, marihâ ; namur. marechau ; Hainaut, marissiau, maricau, marichau ; provenç. manescalc, manescal ; esp. mariscal ; ital. maniscallo ; bas-latin, marescalcus ; de l'anc. haut allem. marah, cheval, et scalc, celui qui soigne. Remarquez que le celtique a aussi march, cheval. Le marescalcus ou serviteur des chevaux fut le machal ferrant, et aussi, à l'origine, un domestique chargé du soin des chevaux. Elle [la reine Marcowèfe] lui confia la garde de ses meilleurs chevaux, et lui donna, parmi ses domestiques, le titre de mariskalk, comme on disait en langue tudesque, AUG., THIERRY, Récits méroving. 5e récit. Cette dernière fonction est allée toujours s'agrandissant dans l'ordre militaire.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MARÉCHAL. Ajoutez :
10Nom vulgaire du taupin, insecte (voy. TAUPIN, n° 3).