« recorder », définition dans le dictionnaire Littré

recorder

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

recorder [1]

(re-kor-dé) v. a.
  • 1Répéter une chose qu'on a apprise par cœur pour mieux se la rappeler. Recorder son rôle.

    Fig. et familièrement. Recorder sa leçon, tâcher de se bien remettre en l'esprit ce qu'on doit dire ou faire. Moi je recorderai la leçon du bosquet de Clarens, [Rousseau, Hél. 35]

  • 2Recorder quelqu'un, lui remettre en l'esprit. J'avais recordé jusques à deux heures après minuit M. de Beaufort, pour le faire parler au moins un peu juste, [Retz, III, 167] Plus je perds de temps à composer des pièces de théâtre, plus je vois combien l'art est difficile ; mais Dieu me préserve de perdre encore plus de temps à recorder des acteurs et des actrices ! leur art n'est pas moins rare que celui de la poésie, [Voltaire, Pélopides, Fragm. d'une lettre.]
  • 3 Terme de métier. Examiner une carde qui a servi. Il s'agit ensuite de recorder la carde, c'est-à-dire examiner tous les crocs, ôter ceux qui se sont cassés, etc. [Dict. des arts et mét. Cardier]
  • 4Se recorder, v. réfl. Se remettre en l'esprit ce qui est à dire ou à faire. Il faut bravement nous recorder : ne faisons point comme ces acteurs qui ne jouent jamais si mal que le jour où la critique est le plus éveillée, [Beaumarchais, Mar. de Figaro, I, 11]

    Se recorder avec quelqu'un, se concerter avec lui.

HISTORIQUE

XIIe s. Sur les flums de Babilone, iluec seïmes e plorames, dementres que [pendant que] nus recordiums de Syon, [Liber psalm. p. 212]

XIIIe s. Mais ne sai mie toutes recorder leur paroles, fors tant que…, [Villehardouin, LIX.] Si com Echo qui sert de recorder Ce qu'autres dit…, [Du Cange, Gloss. français.] Nus ne pot recorder querele qui a esté pledie en cort, fors cil qui poent jugier, [Beaumanoir, XXXIX, 6] Et sans bien retenir et sans bien recorder, nul ne se doit entremettre de baillie garder, [Beaumanoir, I, 5] Avant que il se couchast en son lit, fesoit venir ses enfans devant li, et leur recordoit des bons rois et des empereurs, [Joinville, 293]

XVIe s. Je laisse à dire que Jeremie et Ezechiel, estans separez en pays lointains, s'accordoyent ne plus ne moins en tout et par tout, que s'ils eussent recordé la leçon l'un à l'autre, [Calvin, Instit. 42]

ÉTYMOLOGIE

Bourg. se recodai, se souvenir ; wallon, rikoirdé ; picard, ercorder, encourager, renseigner ; provenç. et espagn. recordar ; ital. ricordare, du lat. recordare, de re, et cor, cordis, cœur (voy. ce mot).