« timbre », définition dans le dictionnaire Littré

timbre

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

timbre [1]

(tin-br') s. m.
  • 1Timbre d'un tambour, corde à boyau tendue en double sur le fond inférieur d'un tambour pour le faire mieux résonner. Il vaut mieux voir des broches que des piques, des marmites que des timbres, et tous les ustensiles de cuisine que ceux de la guerre, Francion, VI, p. 242.
  • 2Cloche sans battant, qui est frappée en dehors par un marteau. Le timbre d'une pendule. On met des timbres aux portes des appartements pour servir de sonnette. Timbres pour tables et appartements.

    Fig. Il y a un timbre sur lequel frappent les cinq organes de nos sens, Voltaire, Newton, I, 5.

    Fig. et familièrement. Avoir le timbre fêlé, être un peu fou. Si vous lui parlez, ayez un peu d'égard à sa faiblesse ; songez qu'elle a le timbre un peu fêlé, Regnard, Ret. imprév. 18. Mon timbre commence à être un peu fêlé, et sera bientôt cassé tout à fait, Voltaire, Lett. à Mme du Deffant, 22 fév. 1769.

    On dit de même : timbre brouillé. Il a si bien veillé Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé, Racine, Plaid. I, 1.

    Fig. Brouiller le timbre, faire tourner la tête. De l'air dont je soutiens certains tendres souris, Je brouillerais le timbre aux plus sages marquis, Th. Corneille, Comt. d'Org. IV, 2.

  • 3Son que rend le timbre. Ce timbre est trop éclatant.
  • 4Qualité sonore d'une voix, d'un instrument. Ce violon a beaucoup de timbre. La voix s'affermit et prend du timbre, Rousseau, Ém. V. Cette voix était la plus rare que l'on eût entendue, soit par le volume et la plénitude des sons, soit par l'éclat perçant de son timbre argentin, Marmontel, Mém. IV. Sa voix [de ma mère] a-t-elle encor ce doux timbre d'argent ? Lamartine, Joc. VI, 218.
  • 5Caractère d'un son indépendamment de son rang dans l'échelle, caractère tenant à des sons harmoniques qui coexistent avec le son fondamental et qui lui forment une espèce d'accompagnement ; cette espèce d'accompagnement, dont l'oreille ne discerne pas les éléments, est précisément le timbre. Le timbre de la flûte est essentiellement différent de celui du hautbois. Le timbre est moelleux ou sec, perçant ou sourd, aigre ou doux ; celui que produit une corde pincée ne ressemble point au timbre de la même corde frottée par un archet ou attaquée par la percussion, Fétis, la Musique, I, 7. L'idée n'était pas venue [du temps de Lulli] de profiter de la différence des timbres des instruments, et de leur donner des parties spéciales pour les marier entre eux, Ad. Adam, Dern. souv. d'un mus. art. Gossec, n° 3.
  • 6Premier vers d'un vaudeville connu, qu'on écrit au-dessus d'un vaudeville parodié pour indiquer sur quel air ce dernier doit être chanté. Mettre les timbres aux couplets d'un vaudeville. Le véritable timbre de l'air de Mme Grégoire est celui-ci : C'est le biau Thomas, tiré de la pièce de Cadichon.
  • 7Marque imprimée sur le papier que la loi rend obligatoire pour les actes et pour certaines impressions. Payer le timbre. L'impôt du timbre.

    Timbre à l'extraordinaire, timbre apposé après coup sur des actes qui auraient dû être écrits sur du papier timbré.

    Timbre sec, timbre qui n'est marqué que par la pression du coin sur lequel il est gravé.

    Bureau de timbre, bureau où l'on débite le papier timbré.

    Timbre de dimension, celui dont le prix est en raison de la grandeur du papier employé.

    Timbre proportionnel, celui dont le prix est calculé d'après les sommes et valeurs auxquelles il est destiné.

    Bâtiment où l'on timbre. Aller au timbre.

  • 8Marque particulière que chaque bureau de poste imprime sur les lettres, indiquant le lieu et le jour du départ pour celles qui partent, et le lieu et le jour de l'arrivée pour celles qui arrivent. Cette lettre porte le timbre de Paris.
  • 9Timbre-poste, ou, simplement, timbre, cachet volant qui indique l'affranchissement d'une lettre et que celui qui envoie la lettre colle auprès de l'adresse. Donnez-moi un timbre de 15 centimes, de 25 centimes. En Belgique on a constaté que des timbres-poste avaient été imités par la photographie, Commiss. intern. des postes, Paris 1863, p. 123.

    L'administration des postes s'obstine à écrire, au pluriel, des timbres-postes, malgré le sens et le public : des timbres-poste, c'est-à-dire des timbres de la poste.

    Timbre-dépêche, timbre à l'aide duquel on affranchit une dépêche télégraphique. Art. 8. L'administration des lignes télégraphiques est autorisée à faire vendre au prix de… des timbres spéciaux dont l'apposition sur une dépêche en opérera l'affranchissement. - Art. 11. Les dispositions de l'art. 142 du Code pénal sont applicables à ceux qui auront contrefait des timbres-dépêches ou qui auront fait usage sciemment des timbres - dépêches contrefaits, Loi sur la corresp. télégr. privée, 13 juin 1866.

    Un timbre-dépêche, et des timbres-dépêches, c'est-à-dire un timbre de dépêche, et des timbres de dépêches.

  • 10 Terme de construction. C'est, dans un mémoire de travaux, le résultat des quantités trouvées par le calcul, et que l'on porte en regard de chaque article, en mettant au-dessus de ces chiffres la nature des travaux auxquels ils appartiennent.
  • 11Partie arrondie du casque, qui s'applique sur la tête.
  • 12 Terme d'armoirie. On donne le nom de timbre à tout ornement placé sur le sommet de l'écu des armoiries et servant à désigner la qualité de la personne qui le porte (tiare, chapeau rouge, mitre et crosse, mortier, casque et heaume). Les souverains portent le timbre ouvert, Arrêt rendu le 23 août 1663 qui déclare ledit Lamois roturier. … que le timbre de ses armes serait rompu, Arrêt du conseil, 12 mars 1665.
  • 13Timbre violet, petit champignon de la famille des serpentins.

HISTORIQUE

XIIe s. Tabors et tinbes…, Ronc. p. 178.

XIIIe s. Sonez timbre [tympanum], Psautier, f° 99.

XIVe s. Et devons savoir qu'il y a en l'eglise cinq manieres de cloches : c'est assavoir esquelles, timbres, noles, noletes et cloches : la cloche sonne en l'eglise, l'esquelle ou refectouer, le timbre ou cloistre, la nole ou chœur, la nolette en l'horloge, De Laborde, Émaux, p. 516. Deux flacons d'or à tissus de soye esmailliez d'un escusson et d'un timbre des armes de M. le Dalphin, De Laborde, ib. p. 517.

XVe s. … Et adonc haultement Ont le tymbre [cloche] sonné ; le partement Convint faire lors bien hastivement, Christine de Pisan, Dit de Poissy. Ils sonnerent, des tours là où ils estoient en leur garde, grand foison de tymbres et de tabours, Froissart, III, IV, 15. Et ne faisoieut les seigneurs nul compte d'autres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaumes et à tymbres couronnés, Froissart, I, I, 64. Une couverture de tappicerye au timbre du roi, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 353.

XVIe s. Faudra que le dessus du fourneau soit tout d'une piece, en forme d'une cloche en timbre, De Serres, 358. Assez tost l'horrible creste De ton tymbre menassant à l'ennemy palissant Annoncera la tempeste, Du Bellay, J. III, 42, verso.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. espagn. et portug. timbre ; bas-lat. tymbrys, tambour et casque ; du lat. tympanum, tambour, comme diacre de diaconus. Après le sens de tambour, timbre a pris celui de tout ce qui sonne, cloche, etc. ; de là le timbre fêlé. Par une autre dérivation il a signifié un casque à cause de la forme, puis une pièce d'armoirie, et enfin le timbre qu'on appose sur des actes.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. TIMBRE. Ajoutez :
14 Terme d'administration. Adresser une réponse sous le timbre de tel ou tel service ou bureau, c'est-à-dire en portant sur l'adresse les indications ordinairement imprimées en tête et en marge de la correspondance.
15 Terme d'antiquité. Timbre ou sceau amphorique, empreinte que le potier mettait sur ses produits ; c'est quelque chose d'analogue aux marques de fabrique. Vous trouverez dans cette lettre trois dessins de timbres thasiens [de l'île de Thasos], Journ. offic. 15 mai 1872, p. 3258, 1re col.