« lors », définition dans le dictionnaire Littré

lors

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

lors

(lor ; l's ne se prononce et ne se lie jamais)
  • 1Sorte de nom de temps qui étymologiquement signifie l'heure, et qui ne se dit plus qu'avec certaines prépositions.

    Pour lors, en ce temps là. Un prince qui pour lors ne faisait que de naître, Corneille, Œdipe, IV, 3. Mais rends-moi seulement ce glaive que tu crains… Je répondrai pour lors et tu pourras connaître Qui de nous deux, perfide, est l'esclave ou le maître, Voltaire, Mérope, V, 2. Cette même armée en imposait au roi d'Angleterre, qui craignait pour ses États d'Hanovre, où il était pour lors, Voltaire, Louis X V, 6.

    En ce cas-là. Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle ; il a pour lors un caractère original et inimitable, La Bruyère, I.

    Dès lors, dès ce temps là. Des lors il commença à me prendre en haine.

    Dès lors, de là, ou dès là, par forme de conséquence. Cet accusé s'enfuit, dès lors il devint suspect à leurs yeux.

  • 2Avec les verbes il s'emploie adverbialement, et on le nomme adverbe de temps ; il signifie au temps dont on parle. Elle vous traita lors en rivale odieuse, Corneille, Rodog. I, 7. J'en cache les deux tiers aussitôt qu'arrivés Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés, Corneille, Cid, IV, 3. Maintenant il faut que j'appuie Ce que j'avançai lors, de quelque trait encor, La Fontaine, Fabl. IX, 10. La harangue fut vaine ; Le sultan dormait lors, et dedans son domaine Chacun dormait aussi, bêtes, gens…, La Fontaine, ib. XI, 1. C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre, Molière, l'Ét. I, 6. Abîmé dans l'infinie immensité… je m'effraie et m'étonne de me voir ici plutôt que là ; car il n'y a point de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors, Pascal, Pens. XXV, 16, édit. HAVET. La famille de madame de Hanovre était nombreuse et lors en grande splendeur, Saint-Simon, 4, 65.
  • 3Lors de, loc. prép. Dans le temps de, au moment de. Lors de son élection, de son mariage.
  • 4Dès lors que, loc. conjonct. Du moment que. Dès lors que son démon commence à s'agiter, Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter, Boileau, Sat. VIII.

HISTORIQUE

XIIe s. Lores m'esteut [il me faut] de rechef comencer, Ronc. 164. Lors plora Charlemaine, tant fut d'ire destrois, Sax. XVIII. Quant la saison du douz temps s'asseüre, Lors [je] chanterai…, Couci, p. 125.

XVe s. Mais ainsi en avinst pour le temps qui lors estoit, Pierre de Fenin, 1417. Pour lors estoient les subjectz de cette maison en grant richesse, Commines, I, 2. Artillerie belle et grande selon le temps de lors, Commines, ib.

XVIe s. Il fut dès lors appellé Theseus, Amyot, Thésée, 4. La paix fut bien faitte pour lors ; mais, incontinent après, les Gaulois Gessates renouvellerent la guerre, Amyot, Marcel. 6. De lors en avant, Amyot, Nicias, 15. Des lors retint et donna le droict nom De la pucelle à ses flustes rurales, Marot, IV, 51. Lors Alexandre, voyant…, Montaigne, I, 4.

ÉTYMOLOGIE

Anc. franç. l'ore ou l'ores, d'où lors ; de l'article la, et ore, heure, temps présent (voy. HEURE). L'heure s'est dit pour l'ore, comme dans ces vers de Marot : Hommes mortels ne connaissoient à l'heure Fors seulement le lieu de leur demeure, I, 16.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

LORS. Ajoutez :

5Lors que, lors même que, se dit au même sens qu'alors que, voy. ALORS.