« river », définition dans le dictionnaire Littré

river

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

river

(ri-vé) v. a.
  • 1Abattre la pointe d'un clou sur l'autre côté de l'objet qu'il perce, et l'aplatir pour le fixer.

    Fig. River à quelqu'un son clou, faire qu'il ne puisse résister, répliquer. Quand l'un d'eux [César]… De ces roches du ciel voisines Descendra, pour aller trouver Son gendre [Pompée], et son clou lui river, Scarron, Virg. VI. Vous avez fort bien fait de lui river son clou ; C'est bien à faire à lui de vous appeler fou ! Et vous deviez encor lui mieux laver la tête, Regnard, le Distr. IV, 7.

  • 2 Fig. Fixer, comme on fixe un clou. Ne craignons point de répéter ce qu'il est nécessaire de savoir ; il y a des choses qu'il faut river dans la tête des hommes à coups redoublés, Voltaire, Lett. d'Argental, 12 mai 1766. L'homme naît, vit, meurt avec toi : Chacun des anneaux de sa vie, ô Christ, est rivé par ta foi, Lamartine, Harm. III, 5.

    River les fers, les chaînes de quelqu'un, rendre son esclavage plus assuré. Au défaut de la foi, la politique même Ne t'apprit-elle pas à river dans le ciel La chaîne qui retient l'indocile mortel ? Masson, Helvétiens, V. Le marteau de la tyrannie Sur les autels rive nos fers, Béranger, Escl. gaul. On proscrit pour confisquer ; et les mains des confiscateurs, teintes de sang, pleines d'or, rivent les fers de la nation, Villemain, Souven. cont. les Cent-Jours, X.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li pieur anemi [les pires ennemis] de tous sunt li privé, Et cil trois [ennemis] sunt à nous si joint et si rivé, Et de nous decevoir si duit et abrivé…, J. de Meung, Test. 1424. Au dolereus gibet d'enfer Où sera pris et mis en fer, Rivés en aniaus pardurables Devant le prince des deables, la Rose, 19473.

XVe s. Disans que les Bourguignons estoient fiers en leurs parolles, mais qu'ilz leur avaient bien rivé le clou, Commines, IV, 11.

XVIe s. … d'avoir si bien rivé les clous au duc de Sommerset en plain conseil d'Angleterre, leur roy present, sur l'honneur de la nation françoise, Carloix, II, 6. Rivez ce clou, et alors il tiendra ferme, Palsgrave, p. 690.

ÉTYMOLOGIE

Berry, river le lit, replier la couverture en dedans. Diez pense qu'il vient du germanique : ancien scandinave, rîfa ; danois, rive, passer le râteau, c'est-à-dire ôter tout ce qui est saillant. Le sens n'est pas très satisfaisant. Il y avait un autre river, en provenç. ribar, qui signifiait arriver : La barge fu moult bien rivée, Blancandin. C'est de ce river que rob. Estienne (Gramm. franç. p. 111, dans LACURNE) faisait venir river un clou ; sens qui n'est pas non plus satisfaisant.