« souffleur », définition dans le dictionnaire Littré

souffleur

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

souffleur, euse

(sou-fleur, fleû-z') s. m. et f.
  • 1Celui, celle qui lance un souffle. Mais un vent peut-être de bise, Ou quelque autre rude souffleur, Fit à Héro par grand malheur Lever un pan de sa chemise, Scarron, Poés. div. Œuvr. t. VII, p. 290, dans POUGENS.

    Nom que les mineurs donnent à des jets de gaz hydrogène carboné, qui s'échappent avec abondance par une petite ouverture.

  • 2Il se dit quelquefois de celui qui souffle continuellement le feu. Voilà un importun souffleur.
  • 3Souffleur d'orgues, celui qui fait mouvoir les soufflets de l'orgue. Je suis et nous sommes tous comme le souffleur de l'orgue qui disait : aujourd'hui nous avons été sublimes, Diderot, Lett. à Falconet, févr. 1766.
  • 4Ouvrier qui souffle les ouvrages de verre.
  • 5Celui, celle qui souffle, qui respire. Un souffleur fatigant.

    Adj. Cheval souffleur, celui qui souffle extraordinairement en courant, sans cependant avoir le flanc agité comme dans la pousse.

  • 6 Terme d'histoire naturelle. Mammifère de l'ordre des cétacés et du genre dauphin. Les souffleurs vont ordinairement par bandes.

    Il se dit quelquefois des mammifères cétacés en général, parce qu'ils font jaillir, en soufflant, l'eau de leurs narines.

  • 7Nom donné aux alchimistes qui, en soufflant dans leurs fourneaux, espéraient trouver la pierre philosophale. Charlatans, faiseurs d'horoscope, Quittez les cours des princes de l'Europe ; Emmenez avec vous les souffleurs tout d'un temps, La Fontaine, Fabl. II, 13. Voici quelque souffleur, de ces gens qui n'ont rien, Et nous viennent toujours promettre tant de bien, Molière, Fâch. III, 3. Il ne s'en est fallu qu'un degré de chaleur Pour être de mon temps le plus heureux souffleur, Regnard, Fol. amour. I, 5.

    Fig. Il y a toujours eu des alchimistes et des souffleurs qui ont distillé les choses humaines ; qui ont donné plus de liberté qu'ils ne devaient à leurs conjectures et à leurs soupçons, Guez de Balzac, De la cour, 3e disc.

  • 8Celui qui dit tout bas à une personne parlant en public les mots qu'elle ne retrouve pas dans sa mémoire.

    Souffleur de canevas, se disait de celui qui soufflait à un juge ignorant le prononcé qu'il devait faire, Furetière, Rom. bourg. liv. II, p. 82, dans LACURNE) Voilà comme, de simples souffleurs et consultés à pure volonté, ces légistes devinrent juges, Saint-Simon, 373, 202.

    Celui qui, dans un théâtre, est chargé de secourir la mémoire des acteurs. Je vous préviens d'avance que, depuis le père noble jusqu'au souffleur, tout sera de fantaisie, Delavigne, les Coméd. Prologue.

  • 9 Terme de construction. Aide-appareilleur, chargé de surveiller le transport et la pose des pierres.

HISTORIQUE

XIVe s. Laissez fourneaux, vaisseaux divers De ces souffleurs faulx et pervers, Nat. à l'alch. 1054. Et dient en moquois souvent, Qu'il sont soufleur contre le vent, Chastel. de Couci, v. 29.

XVe s. Là ne voit on sens, raison ne mesure, C'est de dancier au son des chalemiaux ; Car un soufleur qui commence à soufler En une piau cornant la turlulure, Fait entour lui mainte gent assembler, Deschamps, Poésies mss. p. 240.

XVIe s. …Ce que les soufleurs courans [alchimistes] observent diligemment, pour mieux faire valoir la marchandise, Lanoue, 459. Messieurs, quand je cuide sonner un sanctus, le souffleur souffle un gloria in excelsis, Contes d'Eutrap. ch. X, f° 49, dans POUGENS. Souffleuses sont les choses qui ne veulent recevoir les fontes de metaux, comme terre, sable, qui retiennent l'air enclos, lequel empesche que les metaux ne prennent nettement la forme des choses qui sont mises dedans, Palissy, 380.

ÉTYMOLOGIE

Souffler.