« toit », définition dans le dictionnaire Littré

toit

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toit

(toi ; au plur. l's se lie : des toî-z hospitaliers) s. m.
  • 1Partie supérieure des bâtiments, des maisons, qui sert à les couvrir, à les abriter. Contraindre les papistes à embrasser la réforme par taxes, par logements, par démolitions de leurs maisons et par découverte de leurs toits, Bossuet, 5e avert. 5. L'un croit que le tonnerre est tombé sur les toits, Et que l'église brûle une seconde fois, Boileau, Lutr. IV. En approchant de Parme et de toutes les villes qui sont sur cette route, on a de loin le coup d'œil pittoresque des toits en forme de terrasse qui donnent aux villes d'Italie un aspect oriental, Staël, Corinne, XIX, 6. Il faut se souvenir que les toits des anciennes maisons égyptiennes étaient plats comme le sont ceux des maisons modernes du Caire ; c'est là que, de nos jours encore, les femmes ont coutume de s'entretenir, de voisine à voisine, des petits scandales et des bruits du jour ; on comprend le chemin rapide que font les nouvelles de toit en toit ; je viens au conte, les Femmes et le secret…, L. de Ronchaud, dans Corresp. littér. 5e année n° 16, 25 juin 1861, p. 370.

    Fig. C'est le dernier ouvrage ; c'est le toit à l'édifice, Buffon, Hist. anim. V.

    Habiter, coucher sous le même toit, loger dans la même maison. Ce ne sera pas sans beaucoup de peine que je perdrai l'espérance d'être sous un même toit avec vous, Sévigné, 23 juill. 1677. L'impie qui suppose le grand être jaloux, orgueilleux, malin, vindicatif, est plus dangereux ; je ne voudrais pas coucher sous le même toit avec cet homme, Voltaire, Dict. phil. Impie. Pour votre Germeuil, je vous avertis que nous ne pouvons plus loger lui et moi sous un même toit, Diderot, Père de famille, III, 7.

    Fig. Publier, prêcher sur les toits, locution de l'Évangile qui signifie annoncer une chose, la divulguer, et qui vient de l'habitude orientale de causer sur les toits. Ce que vous avez dit à l'oreille dans les chambres sera prêché sur les toits, Sacy, Bible, Évang. St Luc, XII, 3. En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville, Le publier, le prêcher sur les toits, La Fontaine, à femme avare. L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les chaires ; et la doctrine ancienne, qui, selon l'oracle de l'Évangile, doit être prêchée jusques sur les toits…, Bossuet, Reine d'Angl.

    On dit aussi familièrement : Dire, crier une chose sur les toits, la répandre, la divulguer partout. C'est là ma véritable profession de foi [de reconnaissance envers le duc de Choiseul] que je fais entre vos mains ; c'est là ce que j'ai crié sur les toits, Voltaire, Lett. Mme de St-Julien, 22 janv. 1772.

  • 2 Par extension, maison, demeure. Le royaume en proie à des nations ennemies, personne en sûreté sous son propre toit, Massillon, Carême, Aumône. Je reconnais Numa, prêtre saint et roi juste, Qui, créateur du culte et fondateur des lois, Passa d'un toit obscur dans le palais des rois, Delille, Én. VI. Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage Passe do mains en mains troqué contre un vil prix, Comme le toit du vice ou le champ des proscrits ! Lamartine, Harm. III, 2.

    Le toit paternel, la maison paternelle. Et du toit paternel le seuil ou la fumée, Lamartine, Harm. II, 12.

    Un toit hospitalier, un toit protecteur, maison où l'on reçoit l'hospitalité, où l'on trouve un refuge.

    Un humble toit, une maison de peu d'apparence, une chaumière qu'habitent de pauvres gens. Cependant l'humble toit devient temple, et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs, La Fontaine, Phil. et Baucis. L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste [les soucis des grandeurs], La Fontaine, ib.

  • 3 Terme de jeu de paume. Les ais en forme de toit qui couvrent la galerie. Quand on joue partie à la paume, il faut servir la balle sur le toit de la galerie. Il y avait aussi une manière de petit toit au jeu de la longue paume, pour servir la balle.

    Fig. Servir quelqu'un sur les deux toits, lui faciliter les moyens de réussir dans ce qu'il souhaite, ou lui donner l'occasion de paraître, de se faire valoir.

  • 4Toit à cochons, à porcs, la petite loge où l'on enferme ces animaux.

    Fig. C'est un toit à cochons, c'est une chambre malpropre.

  • 5 Terme de mines. Partie supérieure d'un filon, d'un banc, d'une couche. Ce grès sert de toit à la seconde veine [de charbon] qui a dix à quinze pieds d'épaisseur, Buffon, Min. t. II, p. 322.
  • 6Toit chinois, toit persique, espèces de coquilles.

HISTORIQUE

XIIIe s. La bone dame du mesnil A overt l'uis de son cortil, Que vespres ert [car il était soir], et si voloit Ses gelines metre en son toit, Ren. 1624.

XVIe s. Comme toutes choses dites à l'oreille sont preschées sur le toit quelque temps après, la verité fut connue, Marguerite de Navarre, Nouv. VIII. Et ne vit rien qu'un tect à pourceaux, où il se traiua le mieux qu'il put, Marguerite de Navarre, ib. XXIII. Eschylus assommé d'un toict de tortue, Montaigne, I, 74.

ÉTYMOLOGIE

Wallon, teu ; bourguig. étoi ; Berry, tet, étable à renfermer du bétail ; provenç. teg, tet ; espagn. techo ; portug. tecto ; ital. tetto ; du lat. tectum, de tegere, couvrir.