« homicide », définition dans le dictionnaire Littré

homicide

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

homicide [1]

(o-mi-si-d') s. m.
  • 1Celui, celle qui tue un être humain. Homicide point ne seras. Tout l'Érèbe entendit cette belle homicide S'excuser au berger qui ne daigna l'ouïr, La Fontaine, Fabl. XII, 26. Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide, Des prophètes divins malheureuse homicide, Racine, Athal. III, 7. Ces fameux lévites Qui… De leurs plus chers parents saintement homicides, Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides, Racine, ib. IV, 3. Quoi ! Marianne est morte, et j'en suis l'homicide ! Voltaire, Marianne, V, 7.
  • 2Homicide de soi-même, celui qui commet un suicide, qui se tue lui-même.

    Fig. Homicide de soi-même, personne qui ne se ménage pas assez et qui ruine sa santé. Je vous avertis que je vous croirai janséniste, si vous n'avez plus soin de vous : il n'y a qu'un hérétique qui puisse être homicide de soi-même, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 2 nov. 1705.

  • 3 Fig. Celui, celle qui cause la perte de quelqu'un. Malheur à vous, homicide des âmes, qui par vos artifices et vos scandales faites périr celles que je suis venu racheter, Bourdaloue, Myst. Pass. de J. C. Ces paroles de malignité, de haine, d'amertume qui éteignent en nous l'esprit de charité et nous rendent homicides de nos frères, Massillon, Confér. Modestie des clercs.
  • 4 Adj. Employé surtout dans le style soutenu. Qui tue dans les combats. Lorsque dans son vaisseau, prisonnière timide, Vous voyiez devant vous ce vainqueur homicide, Racine, Iphig. II, 1. Vieillards, femmes, enfants, trou peau faible et timide Dont n'a point approché cette guerre homicide, Voltaire, Orphel. I, 1.

    Qui a commis un meurtre. Sur le point d'attaquer une reine homicide, Racine, Athal. I, 2.

    Qui est relatif au meurtre. Penser homicide, Mairet, Sophon. I, 3. Cessez ; repentez-vous de vos vœux homicides, Racine, Phèdre, V, 3. J'ai senti tout à coup un homicide acier Que le traître en mon sein a plongé tout entier, Racine, Athal. II, 5. Regard homicide, Rousseau J.-B. Odes, IV, 9. Trompons des meurtriers l'espérance homicide, Voltaire, Alz. IV, 4.

    Fig. Qui cause la mort, la perte. Rois, prenez soin de l'absent Contre sa langue homicide [de la calomnie], Racine, Esth. III, 3. Chagrins homicides, Chénier M. J. Tibère, II, 2. Vents homicides, Ducis, Abufar, II, 7.

HISTORIQUE

XIIIe s. Mengier ne bien avoir ne doit qui ne s'aïde [s'aide], Ains tieng [je tiens] de soi meïsmes celui à homicide Qui se pert par perece, J. de Meung, Test. 1639. Home de sang apele l'Escriture omicide que Deux het, Psautier, f° 10.

XIVe s. Encore est bains [ban] fais et dis par jugement, que tout li homecide qui ont pris le [la] franchise de ceste ville…, Caffiaux, Abattis de maisons, p. 24.

XVIe s. S'ele n'a grace, on ne prise ung festu Ses dictz et faictz, et tost est abbatu Son bruyt et los dont elle est homicide, Sans beau maintien…, Marot, J. V, 197. Le bon Thebain [Hercule], des monstres homicide, Du Bellay, J. V, 44, verso. Il ne le daigna pas seulement saluer, pensant que ce seroit à luy un grand pesché, que de parler à l'homicide de son pere, Amyot, Brut. 4. Tous les maulx qui n'ont autre dangier que du mal, nous les disons sans dangier : celui des dents ou de la goutte, pour grief qu'il soit, d'autant qu'il n'est pas homicide, qui le met en compte de maladie ? Montaigne, I, 302.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. homecida, omicida ; du latin homicida, de homo, homme, et cædere, tuer.