« devoir », définition dans le dictionnaire Littré

devoir

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Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

devoir [1]

(de-voir), je dois, tu dois, il doit, nous devons, vous devez, ils doivent ; je devais ; je dus ; je devrai ; je devrais ; que je doive, que tu doives, qu'il doive, que nous devions, que vous deviez, qu'ils doivent ; que je dusse ; devant, dû, due v. a.
  • 1Avoir à payer une somme d'argent, ou à fournir toute autre valeur. Il doit plus qu'il ne possède. Devoir de l'argent, plusieurs journées de travail. Je dois quatre cents francs à mon marchand de vin, Un fripon qui demeure au cabaret voisin, Regnard, le Légat. IV, 6.

    Devoir plus d'argent qu'on n'est gros, être très endetté.

    Devoir du retour, devoir quelque argent en sus, après avoir fait un troc ; et fig. Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que la vie, D'autant plus maintenant je te dois de retour, Corneille, Cid, III, 6.

    Absolument. Il doit de tous côtés. Brid'oison : Mais si tu dois et que tu ne payes pas…? - Figaro : Alors, monsieur voit bien que c'est comme si je ne devais pas, Beaumarchais, Mariage, III, 13.

    Devoir à Dieu et à diable, à Dieu et au monde, au tiers et au quart, devoir de l'argent à un très grand nombre de personnes.

    Fig. Devoir tribut, être obligé de se conformer à. Aux usages reçus il faut qu'on s'accommode ; Une femme surtout doit tribut à la mode, Boileau, Sat. X.

    Fig. et familièrement. Il m'en doit, ou je lui en dois, il m'a offensé et je m'en vengerai. C'était moi ; je t'en devais, il y a bien longtemps, Baron, Homme à bonnes fort. V, 8.

    N'en devoir rien, n'en devoir guère, ne pas céder à, ne pas être inférieur. Sans répandre leur sang comme Pyrame et Thisbé, ils ne leur en durent guère en tendresse impétueuse, Scarron, Rom. com. II, ch. 19. Si votre majesté Est curieuse de beauté, Qu'elle fasse venir mon frère : Aux plus charmants il n'en doit guère, La Fontaine, Joc. J'ai vu les beautés de la Seine, ses bords n'en doivent rien à ceux de la Loire, Sévigné, 547.

    Ironiquement. Il ne lui en doit guère, il ne vaut pas mieux que lui. D'Arlincourt est venu à la cour et a dit : Voilà mon Solitaire et mes autres romans qui n'en doivent guère au Christianisme de Chateaubriand, Courier, II, 261.

    Ils ne s'en doivent guère, se dit de gens qui ont des torts réciproques ou qui ne valent pas mieux l'un que l'autre en certaines choses. …Je crois, à parler à sentiments ouverts, Que nous ne nous en devons guères, Molière, Amph. Prologue. Thésée : Ne parlons plus d'amours ; sur ce chapitre honteux, nous ne nous en devons rien [l'un à l'autre, moi et Hercule], Fénelon, t. XIX, p. 129.

    Terme de comptabilité. Doit, par opposition à avoir, partie d'un compte établissant ce qu'une personne doit et ce qu'elle a reçu. Tenir ses comptes par doit et par avoir.

  • 2Être redevable à, avoir obtenu par. Je lui dois tout. Je lui dois la place que j'occupe. On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant ; Tout ce qu'il a fait parle au moment qu'il m'approche, Et sa seule présence est un secret reproche, Corneille, Nicom. II, 1. L'un imite Sophocle, l'autre doit plus à Euripide, La Bruyère, I. Si Menzikoff fit cette manœuvre de lui-même, la Russie lui dut son salut ; si le czar l'ordonna, il était un digne adversaire de Charles XII, Voltaire, Charles XII, 4. Les chrétiens vous devraient une tête si chère, Voltaire, Zaïre, II, 2. L'un tient de moi la vie, à l'autre je la dois, Voltaire, Alz. III, 5. Si Racine doit à Tacite la belle scène entre Agrippine et son fils, Corneille doit à Sénèque celle d'Auguste et de Cinna, Diderot, Règne de Claude et Néron, II, 51.

    Devoir, avec de et un verbe à l'infinitif, même sens. Nous servions dans le même régiment, dont je vous dois d'être major, Beaumarchais, Mère coup. I, 8.

    Devoir se dit aussi quelquefois en mauvaise part. Je lui dois tous mes maux.

    Être redevable à des choses, avoir obtenu par des choses. Fais devoir à ton roi son salut à ta perte [fais que ton roi doive son salut à ta mort], Corneille, Cid, III, 6. Il y a de certains grands sentiments, de certaines actions nobles et élevées, que nous devons moins à la force de notre esprit qu'à la bonté de notre naturel, La Bruyère, IV. Devrai-je au dépit qui le presse Ce que j'aurais voulu devoir à sa tendresse ? Voltaire, Brutus, III, 4. Les nations avaient déjà donné à Pierre Alexiovitz le nom de grand, qu'une défaite ne pouvait lui faire perdre, parce qu'il ne le devait pas à des victoires, Voltaire, Charles XII, 4.

    En parlant de ce qui a obtenu quelque chose par une certaine circonstance. Cette colline doit son nom à tel événement.

  • 3Être tenu, obligé envers. Il ne doit compte de ses actions à personne. Ne me dites plus rien ; pour vous j'ai tout perdu ; Ce que je vous devais, je vous l'ai bien rendu, Corneille, Cid, III, 6. Je vous devrai beaucoup pour un si bon office, Corneille, Hor. IV, 2. Vous qui devez respect au moindre des Romains, Corneille, Pomp. III, 2. Si vous lui devez tant, ne me devez-vous rien ? Corneille, Sertor. II, 2. Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés, Et de payer à Dieu ce que vous lui devez, Racine, Athal. IV, 2. Nous avons beaucoup moins de peine à faire plus que nous ne devons qu'à faire ce que nous devons, Bourdaloue, Sévérité évang. 2e avent, p. 448. Pardonne-moi, mon fils, si je trouble ton récit par les larmes que je dois à ton père, Fénelon, Tél. X. En un mot il [Dieu] doit à toutes ses perfections la punition du péché, Massillon, Car. Pass. Que pouviez-vous ? hélas ! - J'ai fait ce que j'ai dû, Voltaire, Orphel. V, 1.

    Absolument. Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père, Corneille, Cid, I, 10. Ressouvenez-vous que, hors d'ici, je ne dois plus qu'à mon honneur, Molière, Don Juan, III, 5.

    Se devoir à soi-même, être tenu en vertu de sa propre considération. Je sais ce que je suis et ce que je me dois, Corneille, Don Sanche, I, 1. Dieu se devait à lui-même de rendre son image heureuse, Bossuet, Hist. II, 1.

    Je vous dois cet avis, votre intérêt me commande de vous donner cet avis.

  • 4Devoir, suivi d'un verbe à l'infinitif, exprime qu'une chose arrivera infailliblement. Tous les hommes doivent mourir.

    Il exprime une obligation morale. Un bon fils doit respecter son père. Si la bonne foi était exilée du reste de la terre, elle devrait se retrouver dans le cœur des rois, Parole du roi Jean.

    Il marque qu'il y a une sorte de justice ou de raison à ce qu'une chose soit. On devrait planter des arbres le long de cette route. J'ai dû continuer, j'ai dû dans tout le reste… Que sais-je enfin ? j'ai dû vous être moins funeste, J'ai dû craindre du roi les dons empoisonnés, Racine, Mithr. IV, 2. Le zèle de Joad n'a point dû vous surprendre, Racine, Athal. II, 4. À de moindres fureurs je n'ai pas dû m'attendre ; Voilà, voilà les cris que je craignais d'entendre, Racine, ib. IV, 5. Un jour seul perdu devrait donc nous laisser des regrets, mille fois plus vifs et plus cuisants qu'une grande fortune manquée, Massillon, Car. Temps. À ces biens fugitifs votre amour doit survivre, Delavigne, Paria, II, 5.

    On s'en sert pour marquer l'intention. Je dois aller demain à la campagne.

    Il marque aussi un futur indéterminé. Il doit partir demain. Il devait sortir hier. Nous devons chanter ce soir. Il doit y avoir demain une assemblée des actionnaires. Je dois prochainement recevoir de l'argent.

    Devoir exprime quelquefois une supposition. C'est lui qui doit avoir fait cela, on suppose que c'est lui qui a fait cela. Les deux accusateurs que lui-même a produits, Que pour l'assassiner je dois avoir séduits, Corneille, Nicom. III, 8.

    Il indique en d'autres cas une simple croyance. Et Léonce doit être incapable de crime Puisqu'il a mérité l'honneur de ton estime, Rotrou, Bélis, I, 6. Un voile ténébreux Nous dérobe le jour qui doit nous rendre heureux, Racine L. la Grâce, ch. I.

    Ces faits-là doivent être communs, je pense qu'ils sont communs. Des actes d'une nature si sublime doivent être rares, Raynal, Hist. phil. XI, 22.

  • 5L'imparfait du subjonctif, placé en tête de la phrase, s'emploie dans le sens de quand même. Dussé-je être blâmé [quand même je serais blâmé], je vous soutiendrai. Dusses-tu y perdre de l'argent, il faut entrer dans cette affaire. Dût cela mal tourner, nous ne vous quitterons pas. Dussions - nous échouer, dussiez - vous échouer, dussent-ils échouer, nous essayerons. Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux, Dût le Parthe vengeur me trouver sans défense, Dût le ciel égaler le supplice à l'offense, Trône, à t'abandonner je ne puis consentir, Corneille, Rodog. V, 1. Crois-moi, dût Auzanet t'assurer du succès, Abbé, n'entreprends point même un juste procès, Boileau, Ép. II. Dût tout cet appareil retomber sur ma tête, Racine, Iphig. III, 5. Dût Mme d'Acigné m'accuser d'être injuste, ou M. de Richelieu d'être ingrate, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 10 août 1701.
  • 6Se devoir, v. réfl. Être dû, être obligatoire. Cela se doit.
  • 7Être obligé de se consacrer à. Le sage s'accommode aux changements divers, Et l'homme généreux se doit à l'univers, Brébeuf, Phars. II. Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez, Racine, Phèd. I, 5. Un roi se doit à tous les hommes qu'il gouverne, Fénelon, Tél. IX. Mon âme tout entière Se doit aux grands objets de ma vaste carrière, Voltaire, Orphel. II, 6.

PROVERBES

Fais ce que dois, advienne que pourra, se dit de celui qui accomplit son devoir, sans se laisser ébranler par la pensée de ce qui peut en arriver.

Quand on doit, il faut payer ou agréer, c'est-à-dire il faut donner à son créancier de l'argent ou du moins de bonnes paroles.

Qui nous doit, nous demande, c'est-à-dire celui dont nous avons sujet de nous plaindre nous accuse.

Il croit toujours qu'on lui en doit de reste, il n'est jamais content de ce qu'on fait pour lui, Dict. de l'Académie.

Il semble que Dieu lui en doive de reste, se dit d'un homme qui fait mal ou grossièrement son devoir.

Qui a terme ne doit rien, c'est-à-dire qu'on ne peut rien lui demander jusqu'au terme.

Qui doit a tort, signifie qu'il faut payer ou être condamné aux dépens.

Va où tu peux, mourir où tu dois, se dit à celui qu'on abandonne à son sort.

REMARQUE

1. Les poëtes du XVIIe siècle et même du XVIIIe ont écrit je doi sans s : La mort a respecté ces jours que je te doi, Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi, Voltaire, Alz. II, 2. C'est un archaïsme, dans l'ancien français, la 1re personne n'ayant pas la lettre s, qui était réservée à la 2e personne (comme en latin) ; ce qui était mieux. L'usage irrégulier a prévalu ; mais on peut du moins conser ver aux poëtes la faculté d'employer cet archaïsme.

2. Vous devriez était de deux syllabes : Mais vous devriez, ma fille, en l'âge où je vous voy…, Régnier, Sat. XII. C'est ainsi qu'on faisait de deux syllabes sanglier. C'était aussi un archaïsme, tout à fait tombé en désuétude.

3. Marg. Buffet, Observ. p. 138 (en 1668), dit que quelques-uns prononcent : je dais de l'argent ; il dait beaucoup ; et qu'il faut prononcer : je dois, il doit. C'était la prononciation normande qui n'était pas encore complétement exclue.

HISTORIQUE

IXe s. Si cum om per dreit son fradre [frère] salvar dist [doit], Serment.

Xe s. Chi [qui] sil [ainsi le] feent [font] cum faire lo deent [doivent], Fragm. de Valenc. p. 469.

XIe s. Si hom occit altre, et il seit conusaunt [connaissant], et il deive faire les amendes…, Lois de Guill. 8. Deüz servises et mout grant amistez, Ch. de Rol. III. En France ad Ais s'en deit bien repairer, ib. [Dieu] Le glorius que deüsse [je dusse] aorer, ib. IX. Quant [il] le dut prendre, si lui cheït à terre, ib. XX. Li siens orgueilz le devreit bien confondre, ib. XXVIII. Qui ce jugeat [décida] que doüssiez aller, ib. XXVI.

XIIe s. Bien deüst estre escoutez et oïs, Ronc. p. 24. S'en [quand même] devroie estre occis, ib. Jamais n'iert [ne sera] jor, ne me doiez [que vous ne me deviez] amer, ib. p. 30. Bien l'avez fait, mout [je] vous en doi amer, ib. p. 33. Oncle Girart, quant [je] me dui [dus] esveiller, ib. p. 164. Ma bataille [j']offre, cui qu'en doie peser [à qui qu'il en doive peser, être désagréable], ib. p. 191. Mais à dame de valor Doit on penser nuit et jor, Couci, I. Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doie retorner, ib. IV. De mil souspirs que je lui doi par dete, ib. VI. Mais en cel point que dui [je dus] avoir mon don, ib. Jà nel [ne le] deüst ne sofrir ne voloir La douce riens, qui tant est bien aprise, ib. XVII. Onques vers li [elle] [je] n'oi [n'eus] faus cuer ne volage ; Si m'en devroit pour tant mieuz avenir, ib. XI. Chascuns quatre deniers ainsi comparer dot [dut payer], Sax. XVII. Maintenir le devons ; ce [je] temoigne et connois, ib. XVIII. Se [nous] lui devons chevage, coustume ne tonlieu [impôt], ib. XXIV. Ici de Charlemaine [je] me doi ore bien taire, ib. XXX.

XIIIe s. Il voloit aler avec eus por ce qu'il sembloient bien gent qui grant terre doient conquerre, Villehardouin, LX. À l'aïe de Dieu fu desconfis li empereres Marchufles, et il meïsmes i dut estre pris, ib. XCIX. Dame, ce dist Pepins, on ne doit pas douter…, Berte, III. [Il] Assemble ses barons en qui se dut fier, ib. Li jors que ele dut sa voie avoir emprise, ib. VI. L'en doit bien reculer pour le plus loin saillir, ib. XII. Il semble à sa maniere qu'ele doie desver [être folle], ib. XVII. Ma volenté ferez, quoi qu'il doie couster, ib. CXII. Miex me venist estre alé pendre Au jor que ge dui fame prendre, Quant si cointe fame acointai, la Rose, 8878. Sa mere que envieillir [il] voit, Et son pere qui moult devoit [qui avait des dettes], Bl. et Jeh. 71. Et je ne cuit que le defendant puisse chose dire par quoi la court dée esgarder que il ne li dée respondre à cel claim qu'il lors fist…, Ass. de J. I, p. 84. Et ce qu'on dist que voirs est [est vrai] que li sires doit autant foi et loialté à son home come li hons fet à son segneur, ce doit estre entendu en tant comme cascuns est tenus li uns vers l'autre, Beaumanoir, LVIII, 25. Sire, je oi [j'eus] le ceval et dui ces vingt livres ; mais j'en ai fet plain paiement, Beaumanoir, IX, 5.

XIVe s. Onneur crie partout et vuet : Fay que doys, aveingne que puet, Machaut, p. 112. Et aussi nous voulons estre beneurés et disons que devons vouloir avoir felicité, mais nous ne disons pas que nous la doions eslire, Oresme, Eth. 64. Tant lui est deu plus de honneur se elle est bonne, Oresme, ib. 47.

XVe s. Et que voulez-vous, dit le roi, que je fasse ? Il n'est chose que je ne doive faire pour nous sauver, Froissart, III, IV, 76. Seigneurs, vous n'estes mie en arroy ni en ordonnance, que le roi doye maintenant parler à vous, Froissart, II, II, 110. Et puis chevaucherent tout souef jusques adonc qu'ils vinrent au logis du duc. Quand ils durent approcher, ils ferirent chevaux des esperons tous d'une randon et se planterent en l'ost du duc, Froissart, I, I, 111. Je ne pense pas avoir dit ne fait chose dont me doyez savoir mal gré, Louis XI, Nouv. XXIV. Vous en deveriez estre content, Louis XI, ib. XXXVIII. Vous n'estes pas telle que vous deussiez estre, Louis XI, ib. LXVIII.

XVIe s. Là elle veoit une lumiere telle, Que, pour la veoir, mourir devrions vouloir, Marot, III, 301. Laquelle en beauté et bonne grace ne devoit rien à son mari, Marguerite de Navarre, Nouv. II. Le jour mesme qu'elle [la sentence] debvoit estre prononcée, Montaigne, I, 40. Il debvoit plus à la fortune qu'à sa diligence, Montaigne, I, 41. La peur emporta nostre jugement hors de sa deue assiette, Montaigne, I, 61. Tout cela tesmoigne qu'ils ne nous debvoient rien en clarté d'esprit naturelle et en pertinence, Montaigne, IV, 17. Le roy s'en meit en si grande cholere contre luy, que l'on pensoit qu'il ne luy deust jamais pardonner, Amyot, Thém. 53. Bon citoyen et faisant le deu de son office, Amyot, Flamin. 37. Voici le destroit où les poures consciences sont merveilleusement vexées et affligées, quand elles voyent que ceste contrition deue [pleine, entière] leur est imposée, Calvin, Instit. 486.

ÉTYMOLOGIE

Bourguig. devoi ; provenç. dever ; catal. deurer ; espagn. deber ; ital. devere ; du latin debere, que les étymologistes regardent comme composé de de habere, ne pas avoir, avoir perdu la possession.